FORMATIONS COLONIALES
saîsme britannique ne trouva rien d'anormal à lancer contre ces révoltés les hommes des bois de la Nouvelle- Galles. Pour un peu, il eût légitimé l'emploi des dogues, utilisés jadis contre les nègres marons.
Dès la fm de janvier, 8.000 hommes environ, provenant de ces différentes colonies, étaient débarqués sur le territoire sud-africain et disponibles pour les opérations que lord Roberts allait entamer. Dans le nombre, le Canada entrait pour un contingent de i.5oo cavaliers, 3. 000 fantassins et 3 batteries; le i4 janvier, la Nouvelle-Galles avait fourni i.84o hommes et 1.700 chevaux.
Les services rendus par ces irréguliers furent si bien appréciés, qu'en février la Couronne fit un nouvel appel à ses colonies et en obtint encore 8.000 hommes, attendus dans le Sud-Afrique avant le i" mars. — C'était, à cette date, avec les troupes du Cap et de Natal, un ensemble de 26.000 coloniaux, ajoutés aux troupes métropolitaines.
Le tableau ci-contre résume la constitution successive des effectifs anglais dans l'Afrique australe et permettra, à un moment quelconque de la campagne, de discerner d'un coup d'œil quelles étaient les forces disponibles.
D'accord avec le même tableau, un rapport du War- Office à la Chambre, en date du 8 février, établissait qu'à la date du i*' mars et abstraction faite des pertes déjà subies, 'les forces disponibles dans le Sud-Afrique ou en route pour cette destination seraient les suivantes :
Armée active et ses réserves 126.000 hommes.
Marine 4»ooo —
Miliciens 20.000 —
Yeomanr}' 8.000 —
Volontaires 10.000 —
Corps des colonies 26.000 —
Total 194.000 hommes.
En ajoutant à ce total les io.54o hommes de la 8* division, on retrouve bien les i36.ooo hommes de l'armée active et les 2o4«54o hommes de nos évaluations.
Mais, dans le même rapport et tout en attribuant 66.000 hommes de l'armée régulière aux Indes et 82.000 aux autres colonies, lord Lansdowne évalue à 110.000 hommes le reliquat de cette armée et à 899.000 hommes l'ensemble des ressources des différents bans que posséderait encore la métropole pour sa défense.
Ces chiffres et surtout les deux derniers sont fortement entachés d'optimisme. II est facile de s'en convaincre en se reportant à la situation du temps de paix que nous avons précédemment analysée (').
Le total de l'effectif permanent et des réservistes dans la métropole s'élevait en effet à 122.000 -f- 65. 000 = 187.000 officiers et soldats. Or dans les 1 36. 000 hommes (y compris la 8* division) actuellement dans le Sud- Afrique, 9.100 proviennent de la garnison permanente; 3.000 ont été prélevés par l'ordre du 8 septembre 1899 sur les garnisons de la Méditerranée ; 7.800 sur celles de rinde, soit ensemble 19.400 hommes. Le reste, soit 116.600 hommes, a été fourni par la Grande-Bretagne. La différence entre 187.000 et 117. 000 (en chiffres ronds), ou 70.000 hommes, représente exactement le reliquat de l'armée active sur le sol national.
Des calculs analogues, concernant les milices et les
(i) Première partie, chapitre III : « Étal militaire des deux pays » (p. 4oet suivantes). — Au i*^ janvier Tarmée active comptait :
a) Dans la mt*trui>oIe ia2.ooo officiers et soldats; 6) aux Indes 70.000; r) dans les autres colonies Sa. 000 officiers et soldats.
L'expérience de la mobilisation a fait ressortir un chiffre de 65.ooo rëtervisles bons pour le senice. La milice comptait 1 13.439 hommes. La Ycomanry 1 0.433 hommes. Les volontaires évidents ne dépassaient pas 198.37C hommes.
CONCENTRATIO.N. 77
volontaires, conduiraient au tableau ci-après, qui, abstraction faite des corps coloniaux, donne à peu près exactement le détail des ressources militaires de l'Angleterre et leur affectation à la date de mai 1900 :
1 Armée pcrmanenle . .
1 Réserves
. Milice
1 Yeomanrv
' Volontaires
Totaux
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