SUR LA VIE ET LES OUVRAGES
Du Capitaine QILBERT
Vers la fin de 1887, paraissait en librairie, sous le titre assez vague de : Essm's de critique militaire et la signature un peu énigmatique : « G. G. (de la Nouvelle Revue) », un volume qui n'était, en effet, qu'un simple recueil d'articles publiés peu auparavant dans le périodique fondé et dirigé alors par Mme Juliette Adam. Ni l'étiquette, ni le nom — ou plutôt les initiales de l'auteur — ne recommandaient particulièrement l'ouvrage au public, voire même au public militaire, que sollicitent trop d'études et de livres professionnels d'une utilité directe et immédiate pour qu'il ait beaucoup de temps à consacrer à des lectures purement spéculatives, telles que celles que le seul mot à* Essais semblent devoir annoncer. Ceux-lk, cependant, ne laissèrent point de trouver assez vite des lecteurs, grâce à la propagande active k laquelle se livraient quelques officiers dévoués non seulement k la personne de l'écrivain, mais encore aux idées qu'il se proposait de propager et de défendre ; et les lecteurs, k leur tour, s'empressaient de faire connaître et de vanter autour d'eux un livre qui, du premier coup, les avait conquis et séduits, par la netteté, la clarté et la chaleur du style, par l'originalité et la profondeur des vues, par la variété, la sagacité et la clairvoyance des aperçus présentés k propos de quelques publications récentes sur l'art, l'histoire et l'organisation militaires. On avait affaire, non seulement k un « critique », mais encore à un philosophe militaire, et du tout premier ordre ; et l'on