‹ La guerre sud-africaineChapitre 5 sur 75 · X NOTICE SUR LE CAPITAINE GILBERT · texte numérisé non relu

X NOTICE SUR LE CAPITAINE GILBERT

se demandait quels étaient son nom, son grade et son emploi dans Tarmée, persuadé que, sous les initiales inscrites en tête du volume, devait se cacher une de ces personnalités éminentes qui s'imposent, en dépit de l'envie, et dont les facultés exceptionnellement brillantes ne sauraient passer inaperçues, ni rester inutilisées, même à une époque et dans un organisme où le vrai talent offusque plus de gens qu'il n'en éclaire.

Hélas! on était loin de compte : G. G. — tout au long, Georges Gilbert — n'élait autre qu'un simple capitaine d'artillerie, jeune encore, mais déjk condamné à la retraite par une maladie cruelle et qui essayait de se dédommager do l'inaction k laquelle il était prématurément et k jamais condamné en dépensant, sans compter, pour TiLstruction de ses anciens camarades, de véritables trésors de savoir et de bon sens. Son histoire ne pouvait qu'être courte, ou plutôt il n'avait pas d'histoire, étant sous-lieutenant de la guerre ('), et ayant dû quitter l'armée peu après sa promotion au grade de capitaine en premier; mais, du moins, dans les quelques années qu'il avait passées dans ce grade subalterne, avait-il su donner de lui une opinion assez haute pour que la plus rapide carrière, les plus belles destinées pussent lui être prédites, a Major » (c'est-k-diro premier) de la première promotion de l'Ecole supérieure de guerre (i 876-1 877), il avait, presque aussitôt, été attaché k l'état-major du général de Miribel, bon connaisseur en hommes, puis placé par lui h l'état-major de la 11* division d*infanterie — a la division de Nancy » ou « division de fer » — et, avec un tel appui, il était assuré de ne pas languir dans les rangs inférieurs, ni dans les positions effacées, lorsque la paralysie vint brutalement mettre fin k ses espérances et k celles de ses chefs. Dès 1884, son nom disparaissait de l'annuaire et, pendant dixsept années, il est resté cloué sur son fauteuil ou dans son

(i) Né à Mey, près de Metz, le 18 janvier i85i, Gilbert était entré à l'École polytechnique en octobre 1869. Nommé, en août 1870, sous-Iieutcnant auxiliaire dans une batterie d'artillerie, il assista aux deux sièges de l*ari8, puis, après la guerre, passa deux années k l'École d'application de Fontainebleau. Lieutenant de 1873, il avait été promu capitaine en 1876.

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