‹ La guerre sur le DanubeChapitre 104 sur 232 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

par la prise de possession de la ligne du Vid. Le cours du Danube, sur une étendue de soixante-dix kilomètres, appartiendrait ainsi aux Russes et leur servirait de base par deux têtes de ponts situées à dix lieues Tune de l'autre. Après avoirpris Nicopoliet remonté la rive droite du Vid, le ix* coi'ps se hâterait de s'emparer à Plevna du nœud des routes de Routschouk, deSophia et des Balkans. Il marcherait ensuite sur Lovca, où il se trouverait en communication par Selvi avec le viii« corps (Radetzki), en action sur les versants des montagnes. Rappelons, pour l'intelligence du récit qui va suivre, que Nicopoli est à quarante-deux kilomètres à l'ouest de Sistova, Plevna à peu près à la même distance de Nicopoli, au sud, et Lovca à trente-deux kilomètres au sud-est dé Plevna. Le flanc droit russe serait suffisamment protégé par la possession de la place de Nicopoli, dont on pourrait au besoin augmenter les défenses, et du point stratégique de Plevna, dont l'importance avait été signalée par les historiens des guerres précédentes. Hassan pacha, commandant en chef de Nicopoli, disposait pour défendre la ville de forces régulières insuffisantes. Un grand nombre de musulmans en armes s'étaient joints à la garnison ; mais les généraux turcs ne pouvaient faire grand cas de leur concours. Si dix mille hommes environ prirent part à la lutte, huit mille seulement étaient des soldats. Dès l'approche des Russes, la population non armée com-

mença à évacuer la place. Menacés d'une tentative de passage du Danube à Flamunda, écrasés par les formidables batteries de la rive gauche, les Turcs s'étaient avant tout préoccupés de compléter les mauvaises défenses de la place, dans l'hypothèse d'une attaque sur le fleuve. Le ix* corps russe s'était maintenu sur ses positions de Turnu et de Flamunda, après le passage du Danube par le vm* corps, et n'avait pas manqué de cribler îJicopoli d'obus pour détourner les Turcs des préoccupations que le voisinage des Russes, à Sistova, devait jeter dans leur esprit. Pendant que le ix* corps opérait à son tour son passage à Sistova et se mettait en marche sur Nicopoli, la garnison n'avait pas eu le temps de prendre ses dispositions contre une attaque en grande force et d'augmenter la puissance des travaux établis aux abords de la place. Pour comble de maux, les projectiles d'artillerie étaient sur le point de manquer si la défense se prolongeait, par suite de l'énorme consommation qui en avait été faite à la fin de juin contre les batteries russo-roumaines de la rive gauche et de la rupture des communications avec Routschouk, d'où la place de Nicopoli tirait son matériel. Un fort ouvrage existait à l'est de la place, entre les deux routes conduisant, l'une vers l'intérieur, l'autre à Sistova. Des travaux de campagne s'élevaient en outre à Vabla, au sud de la ville, et sur les hauteurs de la rive gauche de rOsma. Ces défenses étaient imparfaitement reliées

Page 1