‹ La guerre sur le DanubeChapitre 111 sur 232 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

nier parcours, vers Touest, la vallée au fond de laquelle elle coule s'élargit de quatre cents mètres à deux kilomètres. Le Vid, devenu désormais célèbre, suit la direction sud-ouest nord-est. 11 est traversé par la route deSophia, àcinq kilomètres àl'ouest de Plevna. Les environs de la place sont formés par une série de hauteurs en éventail à pentes facilement abordables pour des troupes rayonnant du centre. Des vallons s'étendententr e ces collines. Us sont assez larges aux abords de la ville pour permettre à des colonnes en communication les unes avec les autres, de s'y masser, mais se rétrécissent à une certaine dislance et deviennent des ravins dans toute l'acception du mot. De plus en plus étroits et très escarpés, ils forment une série de barrières infranchissables s'il s'agit de contourner la place. 11 en résulte que, dans un rayon très étendu, celui des défenses que les Turcs avaient établies sur les croupes des hauteurs, les bataillons ottomans placés en réseiTe dans des vallées absolument couvertes, ' pouvaient attendre, sans subir aucune perte, le moment de se porter vers le point où leur présence était réclamée et entrer en action, aussitôt l'ordre donné, par des chemins courts et commodes.

Du côté de l'ennemi, au contraire, ou pour mieux dire du côté de l'attaque, les colonnes se trouvaient isolées les unes des autres par les mômes raisons qui rendaient aux Turcs leurs concentrations faciles. Elles étaient séparées par des obstacles naturels, sur un

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terrain difficile. Ces ravins en éventail formaient, à cette distance de la place, autant de rayons d'un même point central, Plevna; ravins impraticables et dominés dans leurs méandres, de face et de flanc, par les ouvrages de la défense. L'assaillant se voyait contraint de diviser ses forces en autant de colonnes que ces profondes coupures formaient de secteurs. Les commandants de ces détachements une fois engagés, sur l'ordre du général en chef, n'avaient plus entre eux aucune communication, ne pouvaient se relier par aucune chaîne continue et devaient renoncer à l'espoir de secourir leurs voisins ou d'en être secourus. Il fallait, pour porter d'un secteur à l'autre unet partie des forces, perdre un temps très précieux à contour- » ner les positions. La configuration du terrain empêchait même les chefs des différentes colonnes de se rendre compte de la situation des coips agissant sur leur droite ou sur leur gauche, de la tournure de la 'bataille, de la continuation ou de l'interruption des attaques. Les régiments empmntés à la réserve générale ne se portaient que lentement vers les points faibles de la ligne de combat et les corps épuisaient souvent leur réseiTe particulière, contraints ensuite à cesser de lutter pendant que la réserve d'une colonne voisine se trouvait encore intacte. Les conditions d'une pareille lutte devaient être d'autant plus défavorables aux Russes qu'ils se montraient déjà portés à donner trop d'ampleur à leurs attaques enveloppantes, par petits

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