‹ La guerre sur le DanubeChapitre 110 sur 232 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

moins initiés aux choses militaires. Nous essaierons de rendre nos explications assez claires pour être compris de tous. Ce n'est pas Plevna telle que Ta trouvée Osman pacha, arrivant en grande hâte de ses cantonnements de la Bulgarie occidentale, que nous allons tenter de décrire ; ce n'est pas de Plevna, ville ouverte n'ayant pour ceinture que les positions naturelles sur lesquelles un bon général pouvait livrer une bataille heureuse , niais non pas résister aux assauts répétés d'un ennemi supérieur en nombre, dont nous allons parler, c'est de Plevna devenue une sorte de Sébastopol, grâoe à cinq mois de travaux constants, hérissée de défenses, imprenable autrement que par un siège conduit selon les règles de l'art. Les travaux de l'armée d*Osman pacha, ces gigantesques remuements de terre poussés à la hâte après chaque bataille gagnée, pour opposer une résistance de plus en plus solide aux assauts répétés d'une armée dont les effectifs étaient détruits à mesure qu'ils se reformaient, ont été opérés avec une régularité parfaite. 11 sera facile, par l'étude des positions, de se rendre compte, au cours du récit, de leur état d'avancement au moment où se sont engagées les principales batailles.

Le général Totleben, dans une lettre adressée, le 21 décembre i 877, au général Brialmont, inspecteur général du génie belge, a tracé en ces quelques lignes l'histoire de Plevna, dont il venait de s'emparer : tt Vous n'ignorez pas que nos troupes se sont, dès

le début, approchées de Plevna en même temps que les Turcs le 8 (20) juillet, mais qu'elles ont été repoussées par des forces supérieures; qu'après cela nos adversaires ont commencé à fortifier les positions autour de Plevna en les renforçant constamment avec la plus grande activité et énergie pendant plusieurs mois. Enfin, que de notre part on a voulu prendre Plevna coûte que coûte, de vive force, mais que les attaques du 18 (30) juillet et du 30 août (11 septembre) ont été victorieusement repoussées par Tennemi et nous ont valu une perte de trente mille hommes. »

La ville de Plevna compte environ dix-huit mille habitants. Elle est située, comme nous l'avons expliqué, à la jonction des routes des Balkans, de Routschouk et de Sophia. La première traverse la ville du sud au nord, avant d'atteindre à la sortie nord-ouest de Plevna la grande voie Routschouk-Sophia. La ville est en majeure partie construite dans l'angle formé, par la rencontre de ces routes. Ce même angle est, dessiné par deux cours d'eau : l'un torrentueux, la Tuchenitza, qui descend d'un ravin situé au sud et coupe Plevna en deux parties ; l'autre, la Grivitza, cou-, lant de l'est et recevant les eaux du premier à peu de distance de la ville. Le cours de la Grivitza n'a que douze kilomètres. Longtemps parallèle à la route Routschouk-Sophia, elle se jette dans la rivière Vid,. six kilomètres après avoir côtoyé Plevna. Dans ce der-

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