SECONDE BATAILLE DB PLBVNA
L*insuccès du général de division Schildner-Schuldner dans sa première tentative contre Plevna produisit un effet immense en Russie. II n'en fallait pas moins pour apprendre à la presse slavophile que la déesse militaire du jour, la sainte Russie, n'était pas absolument invulnérable. Le passage des Balkans par le général Gourko avait fait croire un instant que la campagne ne serait qu'une longue marche triomphale. On calculait le nombre de jours qu'il fallait encore à l'armée russe pour atteindre Andrinople. C'était un délire sans pareil dans les rangs du peuple, une joie débordante parmi les officiers, une fierté dans les états-majors qui se traduisait par un redoublement de froideur à l'égard des Roumains. Les pauvres Dorobantzî^ avec leurs blouses blanches passementées de rouge et leur bonnet de laine frisée orné d'une plume de coq, dont on devait à quelques jours de là implorer le secours, étaient l'objet des moqueries des joyeux officiers de Cosaques, quand ils défilaient sous leurs yeux, mar-