‹ La guerre sur le DanubeChapitre 160 sur 232 · CHAPITRE XV. 'M)b · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. 'M)b

suffisante, et, avant de donner l'assaut à la montagne rousse y couvrit pendant huit heures et demie de ses projectiles, les ouvrages de l'adversaire, fouillant le terrain dans toutes les directions.

La phrase suivante, extraite du rapport adressé par le général Skobeleff au prince Imeretinsky, est la plus vigoureuse critique de la conduite tenue par les généraux ses collègues dans les précédentes affaires. Elle est, en même temps, un enseignement pour les militaires de tous les pays. « Le feu de préparation, dit-il, se prolongea de cinq heures et demie du matin, à deux heures de l'après-midi. Les pertes minimes subies par nos colonnes, pendant qu'elles se portaient à l'assaut de la première ligne ennemie, démontrent combien, dans la guerre actuelle contre les Turcs, fut utile le feu de notre artillerie et combien est importante la période de préparation par l'artillerie pour toute attaque dirigée contre des positions fortifiées et armées. »

Pendant que le général Skobeleff préludait à son attaque générale, le chef de la colonne de droite, général Dobrovolsky, avait occupé le village de Prisiaka au nord des positions de la colonne de gauche et en face des dernières défenses des Turcs, en descendant rOsma. Attaqué par la gauche turque sortie de ses retranchements et cherchant à le déborder sur son flanc, le général Dobrovolsky engagea un combat meurtrier qui se termina vers onze heures par l'enlèvement des positions de la rive droite de l'Osma, au nord

Zm LA GUERRE SUR LE DANUBE.

de la ville. 11 pouvait ainsi Concourir, par une attaque de flanc, à la conquête de la montagne rousse^ Tune des deux clefs de la position. Elle fut prise par le régiment deKazan de la colonne SkobelelT, marchant à l'assaut, musique en tête et drapeaux déployés. La ville tombait par le fait aux mains des Russes, mais il s'agissait de s'emparer de la grande redoute de la rive gauche de rOsma. La hauteur nouvellement conquise de la montagne rousse fut couverte d'artillerie, et la seconde attaque préparée pendant que les soldats de la colonne Skobeleff occupaient la ville, où, si l'on en croit les notes manuscrites d'un officier d'état-major de ce général, le désordre commença à se propager rapidement dans l'infanterie.

Heureusement pour les Russes, les défenseurs de Lovca étaient en trop petit nombre pour tenter un retour offensif et les renforts attendus de Plevna par la garnison ne parurent pas sur la route de cette ville. Quand l'attaque fut suffisamment préparée par les feux d'une artillerie toute-puissante, on parvint non sans peine à former des colonnes d'assaut. Une fois lancées» elles s'aguerrirent et arrivèrent au pied des retranchements turcs. Après une lutte sanglante, qui se termina par le massacre d' une partie des défenseurs de la grande redoute, l'ouvrage tomba entre les mains du général Skobeleff. Beaucoup de fuyards furent sabrés par les Cosaques.

Les Turcs avaient perdu plus de 2,500 soldats

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