‹ La guerre sur le DanubeChapitre 159 sur 232 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

la 2® division d'infanterie, de quatre bataillons empruntés, comme nous l'avons vu, au iv® corps, de 56 pièces, de deux escadrons de Cosaques, et de Tescadron d'escorte de l'empereur Alexandre, signe des temps. Quant aux forces considérables placées sous le commandement direct du prince Imeretinsky, elles devaient quitter le lendemain, 1^*' septembre, Selvi, où elles étaient massées. Ces trois brigades, avec l'artillerie correspondante qui portait l'effectif général à plus de 22,000 hommes en y comprenant la brigade des Cosaques du Caucase, et 2 escadrons des Cosaques du Don, laissèrent le général Skobeleff commencer l'attaque.

Cet homme de guerre audacieux, parti de sa position de Kakrine le 1^' septembre au matin, conduisit ses troupes par la chaussée de Selvi à Lovca, jusqu'au point nommé la Fontaine, à huit kilomètres de la ville de Lovca, à 2,200 mètres de deux hauteurs dominant la route. Celle de droite n'était pas occupée; elle fut prise. Celle de gauche, un peu plus élevée et couronnée par les avant-postes de l'adversaire, fut également conquise. Maîti'e de ces collines avant la tombée de la nuit, le général Skobeleff communiqua son ardeur aux troupes j)lacées sous son commandement. Offi- <3iers et soldats rivalisèrent de zèle. On couvrit de tranchées les flancs de la montagne et on construisit des épaulements pour un grand nombre de pièces. A l'aube du 2 septembre, une puissante artillerie,

traînée à bras sur les hauteurs, foudroyait les quelques positions avancées restant à l'adversaire, sur la gauche de la route Selvi-Lovca, et près des sommets occupés la veille par les Russes. Après une journée et une nouvelle nuit de travail acharné, le général Skobeleff put ouvrir, le 3 septembre au matin, le feu de ses 56 pièces contre les Turcs. Les positions sur les hauteurs de la rive droite de la rivière Osma, qu'il faut traverser pour occuper la ville, étaient au nombre de quatre, couronnant autant de mamelons.

La première, celle de la montagne rousse^ avait un développement de 1,600 mètres et faisait face, dominant la route de Selvi, aux batteries construites parles Russes depuis quarante-huit heures. Elle contre-battait à 3,000 mètres les ouvrages de Skobeleff. Les trois autres positions de la rive droite de TOsma occupaient les élévations successives du teiTain , en descendant le cours de la rivière, dans la direction du nord. La dernière était hors de portée des batteries russes. La haute colline de la rive gauche de TOsma, dominant les routes de Plevna et des Balkans, était couronnée par une redoute très forte, garnie d'épaulements et de trois étages de tranchées. La foimidable artillerie russe ayant ouvert son feu auquel ripostaient, avec succès, les pièces turques, quoique fort inférieures en nombre, Skobeleff sut résister au désir de pousser ses troupes en avant, comme les généraux russes l'avaient fait jusque-là, sans une préparation

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