‹ La guerre sur le DanubeChapitre 164 sur 232 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

nous soyons fait un devoir de n'emprunter aux rapports des généraux russes que les dispositifs des troupes sur le champ de bataille, nous n'hésitons pas à citer ici un passage emprunté au long rapport du général SkobelefT sur les combats dont les positions au sud de Plevna ont été le théâtre. Il s'agit, en effet, du meilleur divisionnaire de l'armée russe, d'un homme dont le nom est devenu légendaire. Il ne sera pas inutile de connaître la méthode de ce général. Les rapports de Skobeleff sont, du reste, beaucoup plus concis, plus nets et plus clairs que ceux de la plupart des chefs de corps moscovites. Voici le récit de la journée du 8 au sud de Plewna :

« Le 3' bataillon d'Esthonie occupa sans combat le village de BrestowetzS ce qui protégeait la position de nos batteries en arrière de ce village ; les 1" et 2® batteries de la 2« brigade et la batterie à longue portée prirent position derrière des épaulements choisis et organisés à l'avance et ouvrirent leur feu sur la redoute de Krîschin*, ainsi que sur les hauteurs en avant d'elles. Quand nos troupes apparurent sur le plateau, en arrière de Brestowetz, l'ennemi ouvrit une canonnade

1 Brestowetz est situé à 4 kilomètres et demi de Plevna, et à environ 350 mètres de la route de cette ville à Lovca.

2. Krischin est un village à 2 kilomètres au nord-ouest de Brestowetz. Les épaulements dont il s'agit étaient placés à 3,000 mètres des redoutes turques établies sur les hauteurs entre Krischin et la route de Lovca. La deuxième crête était à 1,700 mètres des mêmes redoutes.

violente et très précise. Le capitaine Kouropathine, avec un rare sang-froid, dirigea sous le feu tous les travaux. Nous commencions à perdre du monde.

« Après le feu de préparation par Tartillerie^qui se prolongea jusqu'à trois heures de l'après-midi, le régiment de Kalouga reçut l'ordre d'attaquer et d'enlever la deuxième crête des hauteurs boisées appelées « Montagnes vertes. »

(( Le mouvement en avant fut commencé par les 2* et 3* bataillons de ce régiment ; le 1®^ bataillon suivant les deux autres enrései^ve, à distance d'une demiverste (530 mètres). Servaient de réserve générale aux troupes d'attaque : le l'^^ bataillon d'Esthonie et les compagnies du 2« bataillon du même régiment (la compagnie de tirailleurs de ce bataillon secondait le 5** bataillon dans l'occupation de Brestowetz).

(( A quatre heures dix minutes de l'après-midi, le commandant du régiment de Kalouga, colonel Eljanowsky, fit savoir qu'il était en face d'une chaîne ennemie dont le feu s'était ouvert à 500 pas et qu'il attendait des ordres ultérieurs.

« Le régiment reçut l'ordre de s'arrêter et je me portai en avant pour examiner la situation.

i( Pai-venu sur la deuxième crête, je n'y trouvai déjà plus les l**" et 2« bataillons de Kalouga.

(( Ces bataillons, après la disparition du colonel contusionné, et sur l'initiative de quelques chefs et aussi par l'entraînement des hommes, s'étaient portés

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