CHAPITRE XVI
en avant et avaient attaqué la troisième crête, fortement occupée par l'adversaire, l'avaient enlevée et, poursuivant l'onnemi, s'étaient emparés des logements placés au pied des hauteurs.
« L'adversaire, remis de la surprise causée par cette attaque soudaine, rassembla des forces considérables d'infanterie et de cavalerie, attaqua notre flanc gauche et à son tour força le régiment de Kalouga d'abandonner les tranchées et de battre en retraite.
« Au même moment et sur mon ordre direct,
le 3« bataillon de Kalouga, se déployant en avant de la deuxième crête, couvrit la retraite ; mais, attaqué à son tour, il fut rejeté sur la deuxième crête, où il put, grâce au soutien de quelques compagnies d'Esthonie, non seulement se maintenir, mais encore obliger l'adversaire à interrompre sa poursuite.
« La 2* sotnia du régiment de cosaques de Vladikavkaz, la 6® sotnia du 26^^ régiment de cosaques du Don et une demi-sotnia de la S** sotnia du 21* régiment de cosaques du Don, sous le commandement du starchina baron Stakelberg, s'employèrent très activement pendant cette partie de l'action, soit pour soutenir les hommes de Kalouga en retraite, soit plus spécialement pour relever les blessés sur le champ de bataille.
« Cette journée ne nous coûta pas moins de COO hommes, dont 700 du seul régiment de Kalouga. Malgré ces pertes considérables, le régiment fut reformé après la bataille par les ofliciers de mon état-
major sur sa première position, et les soldats retournèrent en chantant sur la position générale.
« Il faut attribuer cet échec sanglait du 5« régiment d'infanterie : 1° pour une légère part, à la disparition prématurée de son brave colonel, gravement contusionné, et 2° pour une grande part, à la <:omplète insuffisance de la reconnaissance que j'avais faite avant, l'attaque des positions turques, sensiblement modifiées depuis la bataille du 30 juillet.
« Pour tout dire, les réserves à l'aile gauche de l'attaque étaient insuffisantes : ce fut la faute commise.
« Je pris position sur la deuxième crête, je renforçai les deux bataillons d'Esthonie par deux bataillons de chasseurs, et, sous la protection de ces troupes, je fis ramasser les blessés.
(( La nuit se passa tranquillement.
(( A deux heures du matin, je reçus avis que l'attaque de la ville était encore retardée d'un jour. Tenant compte de ce délai, je ramenai un peu en arrière les troupes de l'aile droite et occupai sur la première crête, entre la chaussée de Plevna et le ravin de Tutchenitsa une nouvelle position favorable, qui pût aiTêter une offensive éventuelle de l'adversaire; puis, sans me préoccuper de l'état de fatigue des troupes, je les fis fortifier immédiatement cette position. Quand elle fut organisée, elle présentait deux rangées de tranchées profondes, avec un excellent champ de tir formé en avant d'elles par une sorte d'esplanade.