CHAPITRE XVIII
Suleiman n'osa pas pousser à fond sur Tirnova. Maître de la route par Bebrova, la résistance des quelques bataillons sans artillerie retranchés à lacovitza, à 6 kilomètres d'Elena, ne devait pas l'arrêter. Sûr de devancer à Tirnova les renforts que l'étatmajor russe s'empressait d'y diriger, il avait le devoir, connaissant la position critique d'Osman pacha, de profiter d'un succès aussi complet, aussi inespéré pour maintenir ouverte cette brèche dans la ligne de bataille des Moscovites, en dirigeant à marches forcées sur cette ville les forces disponibles n'ayant pas donné le 4. Il pouvait, avec les deux divisions qu'il avait sous la main, protégées dès lors contre l'attaque directe des troupes du xr corps (Delingshausen) , entreprendre de donner la main% à Ahmed-Eyoub pacha, commandant en chef, depuis le 26 novembre, des forces de la passe de Schipka, ou tenter une pointe rapide sur les derrières de l'armée de Plevna.
On remarquera que, si Suleiman, couchant le à à Tirnova, avait voulu prendre l'une ou l'autre de ces déterminations, il aurait ou livré bataille dès le 6 vei-s Gabrova, de concert avec Ahmed-Eyoub, spectateur de cette attaque, aux forces complètement cernées de Radetzki, ou appelé, le 7, par son canon, Osman pacha, en se montrant sur les derrières du iv* corps. Une pareille tentative demandait du sang-froid, de l'audace et de l'esprit de sacrifice; elle donnait beaucoup au hasard; mais n'est-il pas évident que, si les Russes
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