CHAPITRE XVIII
lignes d'investissement devant Plevna, et de faciliter ainsi la sortie générale d'Osman pacha, elle n'a été conduite ni assez énergiquement, ni assez loin. 11 était possible de s'établir à Tirnova, de couper ainsi les communications entre l'armée du czarewitch et celle du général Radetzki, et, attendant, concentré, l'attaque de Delingshausen, de désorganiser complètement l'aile droitQ de la première, après avoir battu à Elena l'aile gauche de la seconde. Cette opération se produisait, d'ailleurs, beaucoup trop tard et dans une saison qui ne permettait pas d'agir rapidement.
L'armée turque ne poursuivit pas ses avantages, perdit la journée du 6 décembre devant Iakovitza et se laissa reprendre par le général Deligshausen la route de Bebrova. Les Russes avaient concentré des forces importantes à Tirnova. Ils rentrèrent à Elena le 14, les Ottomans ayant regagné leur ancien campement d'Ahmedli, à seize kilomètres à l'est.
Les dispositions prises par Suleiman pour renouveler son attaque contre les positions de Mecka et de Trestenik, entre l'embouchure de la Jantra et Routschouk, dès le 9 décembre, prouvent que le commandant en chef de l'armée du quadrilatère n'avait pas eu l'intention de tenter une action générale vers Elena. Dans l'action qui s'engagea le 12, sur la rive gauche du Lom, après une série de reconnaissances le long de cette rivière, les Turcs montrèrent, en effet, des forces assez considérables. C'est contre la position de Mecka et entre
ce village et celui de Trestenik, sur le terrain où les deux armées s'étaient déjà rencontrées le 26 novembre, que les Turcs prononcèrent leur attaque. Tous leurs efforts pour enlever les redoutes de Mecka ou tourner les Russes par. le bord du Danube furent vains, malgré le courage déployé par les soldats des brigades Ibrahim pacha et Salim pacha. La 12^ division d'infanterie russe se maintint avec énergie sur ses ouvrages. Quand la 2® brigade de la 33® division fut entrée en scène et que la cavalerie du xii'^ coi*ps eut prononcé un mouvement général sur la gauche de l'ennemi, les Turcs commencèrent à plier. Ils abandonnèrent bientôt les positions conquises le matin à l'est de Mecka, et se mirent en retraite. Les Russes avaient p^du 900 hommes, les Turcs près de 1,600.
La seconde bataille de Mecka-Trestenik fut le dernier effort des Turcs sur les communications de leure adversaires. L'armée, placée successivement sous le commandement d'Abd-ul-Kérim, de Méhémet-Ali et de Suleiman, la grande armée du quadrilatère, dont aucun de ces généraux n'avait su tirer parti, était appelée au sud des Balkans pour essayer, lutte dernière et suprême espoir, de défendre la route d'Andrinople, sous le commandement supérieur de Suleiman, soudainement appelé à jouer cette partie que le Bonaparte de la campagne de France n'aurait peut-être pas gagnée. Les forces restées au nord des Balkans étaient confiées à Fazli pacha. Les places du quadrilatère res-