‹ La guerre sur le DanubeChapitre 203 sur 232 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

taient debout, garnies de formidables défenses ; mais l'armée de Plevna devenue prisonnière et la route du Balkan occidental libre ou tournée, la résistance des armées du Lom et de Schipka était désormais brisée.

Ni Réouf pacha, qui avait pris le commandement de ce dernier rassemblement de troupes, après le départ de Suleiman, ni Ahmed-Eyoub, son successeur, n'avaient pu, avec des forces considérablement réduites, et, pendant la mauvaise saison, attaquer le corps du général Radetzki, parfaitement établi dans de solides retranchements depuis les derniers assauts donnés par les Turcs au fort Saint-Nicolas. Les batteries ottomanes s'étaient bornées, depuis le commencement d'octobre, à canonner les positions russes. Elles dominaient la route par laquelle les garnisons des ouvi'ages devaient être de temps à autre ravitaillées et en profitaient pour infliger à l'ennemi des pertes peu nombreuses, mais fréquemment répétées. Les états-majors russe et turc immobilisèrent ainsi chacun un corps d'armée, pendant que les destinées de l'empire ottoman se jouaient sur d'autres champs de bataille.

Les opérations secondaires sont de peu d'importance auprès de ces gigantesques convulsions. Il importe cependant de savoir ce qu'était devenue l'armée du général Zimmermann, si maladroitement immobilisée dans la Dobroutcha, par quels exploits nouveaux s'était signalée la petite armée monténégrine, un instant refoulée dans ses montagnes, au début de la

guerre, par Suleiman pacha, et ^uel rôle entendait jouer la Serbie, désormais convaincue, par la chute de Plevna, de la nécessité de lancer ses bataillons sur la Turquie agonisante.

Le général Zimmermann , après une longue période d'inaction forcée, marquée par des combats de peu d'importance et sans but stratégique ostensiWe, notamment celui que l'un de ses brigadiers, le général Manzei, avait livré le 27 septembre aux environs de Bazardjik, allait, pendant les événements dont les plaines du sud des Balkans étaient le théâtre, prendre une attitude plus résolue et se porter en avant ; mais son intervention ne devait avoir aucune action sur le résultat définitif de la guerre. Après une série d'opérations dans lesquelles la cavalerie joua le principal rôle, ses avant-gardes s'emparèrent de Pravadi\ au lendemain de la signature de l'armistice turco-Tusse. Le czarewitch occupait, à la même date, Rasgrad et Osman- Bazar.

Les Monténégrins, après le départ des 49 bataillons de Suleiman, n'étaient plus menacés sur leurs frontières que par une armée peu importante, placée sous le commandement d'AIi-Saïb pacha. Ce général ne disposait ni

1. Pravadi est la septième station du chemin de fer de Routschouk à Varna, à 173 kilomètres de la première de ces places et à 53 de la seconde. C'est l'antique Marcianopolis construite près des ramifications nord des Balkans. Le champ dé bataille d'Aladin, où les Turcs remportèrent une grande victoire sur le roi Ladislas en 4444, s'étend entre Pravadi et Varna.

Page 1