CHAPITRE X
BXPBDITIO:< DU GENERAL OOURKO.
Les Russes ont Tesprit aventureux. Les officiers, désireux de se distinguer par de hardis coups de main, braves jusqu'à la témérité, aussi fatalistes que les musulmans, possèdent toutes les qualités requises pour entreprendre des opérations hasardeuses. Les soldats, de leur côté, perdent sans hésitation et sans regrets le contact avec les réserves et se lancent vaillamment dans l'inconnu. Refaites par une longue et pacifique station en Roumanie, surexcitées à bon droit par l'imposant succès du passage du Danube, flattées de la confiance que l'empereur Alexandre plaçait en elles, les troupes réunies sous le commandement du général Gourko se mirent en route avec un entrain et un enthousiasme indescriptibles. L'attitude martiale des bataillons de chasseurs, la fougue et l'ardeur d'une cavalerie parfaitement montée, l'émotion des Bulgares marchant à la conquête de leurs montagnes, faisaient bien augurer du résultat de l'entreprise. On s'exagérait même l'inertie des Turcs ; ce qui, dans la cir-