CHAPITRE X
constance présente, allait permettre d'accomplir une série de toure de force dont l'exécution eût été impossible en présence de tout autre ennemi.
Se heurter sur Tune des routes de Tirnova ou aux abords mêmes de cette ville conti'e des forces supérieures n'était rien ; on en serait quitte pour se mettre promptement en retraite, mais on risquait d'avoir tout à coup l'ennemi sur ses communications. En effet, si l'importante position de Biela avait été enlevée et si le xn* corps poussant quelques reconnaissances le long de la vallée de la Jantra, au-dessus de cette ville, protégeait les communications du vin" corps, installé à Sistova, 'et occupait le nœud stratégique des routes de Timova, de Routschouk et de Plevna, les Turcs étaient maîtres, à partir de ce point, des deux rives de ce cours d'eau et de la route directe de Biela à Timova. Imparfaitement couvert sur sa gauche, le général Gourko ne l'était pas du tout sur sa droite. Des éclaireurs partis de Sistova s'étaient aventurés, il est vrai, jusqu'à Gausmal\ala, sur la route de Plevna; mais la haute vallée de l'Osma, le chemin de Sistova à Selvi, à partir de sa rencontre avec la route de Plevna et la voie conduisant de Lovca à Selvi et à Tirnova, n'avaient pas encore été explorés.
Deux chemins se détachent de la grande route de Sistova à Tirnova, qui, se dirigeant du nord au sudest, se rapproche insensiblement de la Jantra pour se confondre avec la route de Routschouk à Tirnova.
L'un de ces chemins quitte la voie principale à Garevica, près de Siêtova, traverse à Gorni-Studen la route Biela-Plevna et continuant à descendre vers le sud par Batak et Mradego aboutit à la route de Selvi à Tirnova, à 20 kilomètres de cette dernière ville. La seconde voie se sépare de la grande route, au sud du vallon du Tekjar, à 12 kilomètres de Sistova, coupe la route Biela-Plevna à Akcaïr, à A kilomètres à l'est de Gorni-Studen, et courant au sud-est jusqu'au delà de la vallée de la Rousika, rejoint la route principale à 8 kilomètres au nord de Tirnova. Le général Gourko résolut d'utiliser ces deux chemins. Sur le premier, il était peu probable qu'où rencontrât l'ennemi avant d'atteindre la route de Selvi; sur le second, on pouvait hardiment se porter, sans surprises à craindre, jusqu'à Nikup, l'ancienne Nicopolis ad Istrum^ sur la rive gauche de la rivière Rousika. En attaquant ensuite Tirnova par l'ouest, c'est-à-dire par la route de Selvi, tout en montrant des détachements au nord, on avait de fortes chances de faire' perdre la tête au commandant turc, qui, suivant les dires des espions, ne disrposait que de forces restreintes, sans un seul bataillon de Nizams.
Le 3 juillet, la cavalerie campa sur la ligne Gomi- Studen-Akcair ; le 4, à Batak et à Tenco ; lé 5, à Mradego et à Nikup. Elle avait parcouru 52 kilomètres. La plupart des villages traversés par les escadrons étaient vides d'habitants. Quelques-uns avaient été