REMARQUES
Sur une note du G. Q G-.
du 16 avril 1915, relative au but
et aux conditions d'une action
d'offensive d'ensemble
Remise par Abel Ferry aux principaux membres DU Cabinet Viyiani
La note du G. Q. G. a fait son profit des lacunes 'organisation constatées en Champagne et en W oëvre. .Ile systématise utilement tout ce que disent les exécutants qui méditent. Peut-être n'insiste-t-elle pas sufsamment sur l'importance capitale du téléphone enerré. Mais l'aménagement du terrain des attaques est irévu dans ses moindres éléments. Les réserves sont
enterrées à proximité de la première ligne. Par tous détails elle est parfaite.
Seulement le principe en est/aux. Il exclut la 5. prise. La division est organisée en profondeur sur front très étroit (sur 1.200 mètres), pour agir comi une roue sans fin pendant des jours et des jours.
La note ne prévoit en première ligne qu'un dei régiment (6 compagnies). Ainsi on réunit 12.000 fant sins et on ne fait attaquer que par 1.200 hommes à lafo Le résultat est de se faire détruire en détail et de permet a lennemi d'amener en face ses réserves, réserves troupes et réserves d'artillerie.
L'école de guerrea enseigné pendant des années q Ton doit se battre toutes ses forces réunies sur même point. On les réunit sur un même point, mais < les fait battre successivement. On ne les disperse p dans l'espace^ on les disperse dans le temps. Pompeus ment on annonce au Gouvernement, à la France, réunion, par exemple, de 3 Corps d'Armée, soit 60 70.000 fantassins et on attaque chaque jour av( 36 compagnies, soit 5, 6, 7.000 hommes qui sortent d tranchées.
Cest le grignotage de sa propre attaque, organisé p. le Haut Commandement lui-même.
Triomphalement les officiers d'État-Major disent sous ces chocs répétés pendant des jours et des jour le mur en face craquera. — Non ! l'expérience, comn le bon sens apprennent qu'étant l'assaillant, noi subissons plus de pertes. Voilà pourquoi des fronts c 900 kilomètres aboutissent à des fronts d'attaque d quelques kilomètres et les batailles d'Armées à de actions de compagnies.
^ Les réserves devraient être employées non pas à nourri l'attaque, mais à en profiter. Toutes les troupes d'attf que devraient être en première ligne. L'action tré préparée, conformément aux prescriptions mêmes d cette note, devrait être soudaine, inattendue et tri
rte. Les réserves devraient être à portée de la main, isque à l'entrée des boyaux.
)r, les réserves, de par cette note même, sont trop 1 pour exploiter le succès. En mars, à la Cote 196, : Hurlus, l'Armée n'a su que la percée semblait faite i douze à dix-huit heures après, lorsqu'elle était ichée.
*our amener la brigade de réserve de chaque divin, que la même note prévoit au repos, « à quelques 1res )), dans les abris voisins du front et pour la faire •venir à la première ligne, à travers des boyaux, is les tirs de barrage, il faudra un temps si long, avec une organisation de réserve ainsi constituée, ? journée presque entière sera nécessaire pour que, trouée étant faite, on en puisse profiter. Or, celui i est percé le sait toujours plus vite que celui qui rce.
jlu résumé, le combat est organisé par cette note du avril, de telle façon que la surprise en est exclue et î rien n'est prévu pour profiter rapidement d'une 'te brusquement ouverte. La bataille se réduit à la jssée successive de bataillons contre les blockhaus, in combat d'usure qui ne peut amener de décision (1).
L) Moins d'un mois après que cette note fut écrite, l'attaque nçaise du 9 mai 1915 perçait victorieusement le front allend devant Carency; pour la première fois depuis un an nos upes arrivaient en terrain libre. Mais par application des actives du Grand Quartier Général, les réserves étaient trop 1 pour profiter du succès.
ig note du 16 avril 19J5 éclaire singulièrement l'histoire des nbats d'Artois, de mai et de juin 1915.
30 novembre 1915.