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EFFECTIFS DES ALLIÉS DE LA FRANCE

Nous avons demandé au Gouvernement quelles son les ressources en effectifs que possèdent nos alliés.

Un certain nombre de renseignements nous ont ét( donnés sous forme verbale, mais il nous a été demande de n'en pas faire état, parce que nous ne tenions cej renseignements que confidentiellement et grâce è l'obhgeance de nos alliés. Nous avons alors adressé une demande officielle de renseignements.

A cette demande il n'a pas été fait droit. Nous ne pouvons donc, en conséquence, dresser en face de l'usure française l'usure de nos alliés, en face des effectis ennemis le chiffre des ressources des effectifs de la Triple-Entente. Officiellement nous ne savons

rien.

Nous le regrettons d'autant plus que les renseignements que nous avons découverts par nos recherches personnelles, font apparaître pour chacun de nos trois alliés, une situation d'effectifs qui n'a rien de comparable avec la nôtre.

Malgré ses pertes la Russie pourrait encore mettre une dizaine de millions d'hommes en première ligne.

L'Italie dont la population est de 35.5oo.ooo habitants n'aurait mobilisé que S.ooo.ooo d'hommes et ses pertes sont faibles.

L'Angleterre entretient sur noire front i.5oo.ooo rationnaires, si nous en croyons un prticle officieux de la Freie Zeitiing. Le chiffre des hommes qu'elle emploie dans ses services d'arrière est analogue au nôtre; pourtant elle a un million de rationnaires de moins que nous.

Jusqu'au i^-- juillet dernier, ses pertes n'auraient été que de 188.000 hommes. ■

Nous pouvons conclure, s'il est possible de comparer des grandeurs aussi diverses, que les effectifs des deux groupes belligérants sont dans la proportion de 12 à 18

ou de 14 à 20.

Malheureusement les effectifs sont en Russie, le matériel est en Europe occidentale. Il suffit de faire cet énoncé pour souUgner tout ce qu'il y a eu de désastreux à ne pas profiter de l'occasion qui s'est peutêtre offerte d'établir au travers de la Bulgarie la liaison des hommes et du matériel.

Est-ce à dire, en ce qui concerne les effectifs français, que la baisse de nos effectifs soit au point de vue militaire un désastre irrémédiable ? Nous ne le croyons pas, si l'on consent à voir que cette guerre n'est

plus, selon les conceptions de TÉcole de guerre, une guerre de poitrines, mais qu'elle est une guerre de machines.

Or, notre mécanique est-elle au point en ce qui concerne l'artillerie lourde? M. Tardieu vous a fait voter de terribles conclusions.

En ce qui concerne les transports, le 2« rapport que nous vous avons lu vous montrera de quelle imprévision notre Haut Commandement a encore fait preuve. Comment demain obtenir la coopération des armées anglaises et des armées françaises ?

Nous sommes en mesure d affirmer à la Commission, sans craindre d'être démenti parle Gouvernement, que tant que Lord Kitchener fut Ministre de la Guerre, il se refusa à donner les troupes anglaises pour les attaques telles qu'elles étaient conçues par le Commandement français.

Pendant nos offensives d'Artois et de Champagne la coopération anglaise ne fut qu'un simulacre.

L'effort anglais ne commença que lorsque Lloyd George arriva au pouvoir.

Mais ici une double remarque et une double critique de la façon dont les États-Majors alliés et les deux Gouvernements comprennent et pratiquent l'unité d'action.

La première attaque de juillet sur la Somme se fit, pour les Français, au sud de la Somme.

Cette conception ne fut pas sans être critiquée, car nous attaquions sur les marais de la Somme, marais de plusieurs centaines de mètres de largeur et pour ainsi dire impassables.

Mais on justifia généralement le choix de ce terrain par des raisons qui n'étaient pas seulement tactiques. Il fallait être au coude à coude avec les Anglais pour être sûr qu'ils attaqueraient. Deux attaques peuvent être jointes sans être jointives. Mais il faut alors qu'elles soient liées par une volonté unique et par un commandement commun.

Sur la Somme, nous n'avons pu être sûrs de la coopération anglaise que par la liaison physique pour ainsi lire des deux armées.

Les Anglais attaquèrent le i^"" juillet. On sait qu'ils Derdirent environ 60.000 hommes, parce que leurartilerie était mal réglée. Parce que malgré leur artilerie, leurs moyens en munitions, les blockhaus des iiitrailleuses n'étaient pas détruits. A cela on nous iit : l'armée anglaise est jeune, il faut qu'elle fasse son expérience.

Mais si elle fait des expériences analogues aux nôtres, es deux puissances occidentales qui luttent contre l'Allemagne s'useront l'une et l'autre. Or, aujourd'hui le capital effectifs comme le capital munitions doit être la chose commune de tous les Alliés.

Ces considérations nous conduisent naturellement à îxaminer le problème de Tamalgame, qui est pratiqué par nos ennemis, non seulement par divisions, mais même par régiments et par bataillons.

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