ORDRES D'ATTAQUE ET PLAN D'ENGAGEMENT
Nous avons pu, au titre de délégué de la Commission, reconstituer parfois sur pièces, parfois sur interrogatoi-
res, le plan d'opérations du Cxroupe des Armées de Re serve.
Les espérances étaientimmenses, ainsiqu'enfait foi 1 texte des directives données par le général Nivelle au armées britanniques et belges et groupe des armée françaises.
Directives pour les armées britanniques, belges € les groupes d'armées françaises :
(( Olfensive initiale G. A. H. Les attaques devront s développer principalement en direction de Guise, Ver vins et Hirson.
« Phase d'exploitation :
(( a) Les armées britanniques, appuyant leur droite la Sambre, poursuivront leur offensive suivant Taxe gc néral Valenciennes-Louvain.
« b) Les G. A. N., (i) G. A. R., et G. A. C. poursuivan leur progression en direction du nord-est, les G. A. N et G. A. R. dans la zone comprise entre la Sambre e la lignegénérale Berry-au-Bac, Château-Porcien, Sedan et le G. A. C. au sud de cette ligne. »
Dans cet ordred'idées, les armées britanniques, aprè s'être emparé de Cambrai et de Douai, devront se porte sur Valenciennes, puis sur Mons, Tournai et Courtrai
Le G. A. N. avec premier objectif les voies ferrée d'Hirson vers Cambrai, vers Valenciennes et vers Mau beuge.
Les G. A. R. et G. A. C. visèrent tout d'abord l conquête de toute la boucle de TAisne, puis celle de 1; région comprise entre la Meuse Ja Somme et l'Oise Ce plan comportait :
1" Une attaque conjointe des V« et VI« Armées de vant amener la rupture du front ennemi;
2° Le passage, au travers des deux premières, d< deux corps de cavalerie suivis d'une armée d'exploita tion, la X% dont les prévisions de marche allaient ai
(1) Groupe Armées du Nord.
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Jelà de Saint-Quentin et de Guise jusqu'à entrevoir une bataille entre les « Ardennes et la pointe méridionale de la Hollande ».
A la droite du Groupe des Armées de Réserve, la [X® Armée prolongeait le front d'attaque. Elle n'avait reçu sa mission qu'après le repli allemand, ce repli leutralisant les attaques de la IIP Armée à la gauche des armées de réserve.
L'armée d'exploitation n'ayant pas eu à accomplir sa mission, il n'y a lieu d'en retenir l'existence que ^omme preuve de l'étendue des espérances qu'avait mises, dans celte offensive, le Haut Commandement.
La P^ et la IP Armées avaient reçu des plans d'engagements qu'elles n'ont pu réaliser.
L'attaque se déclenchant à 6 heures du matin, elles devaient en lin de journée avoir atteint leur 3^ objectif et s'établir à une distance variant de 8 à 12 kilomètres sur une ligne : Neufchâtel. Amifontaine, Château de Presle.
Si nous étudions le plan d'engagement d'un Corps d'Armée, nous saisissons mieux encore le dessein du Haut Commandement. Ce Corps d'Armée massé aux environs de Craonne, au pied de la crête où court célèbre Chemin des Dames, devait avoir atteint, tout en gravissant les pentes à H. plus 1 heure, une ligne générale située à 1 km. 5oo ou 2 kilomètres de son point de départ et enlever par conséquent la première position allemande.
Ici il lui était accordé, tout comme en manoeuvre, 10 minutes réglementaires déballe horaire, de H. plus 1 à H. plus 1 heure 10.
A H. plus 1 heure 10, le Corps d'Armée repartait et devait l'aire 1 kilomètie à 1 km. 5oo en enlevant la seconde position allemande.
Il lui était accordé à nouveau, 10 minutes de halte horaire, de H. plus 1 heure 5o à H. plus 2 heures. A partir de là, il repartait pour atteindre à H. plus
3 heures une ligne générale située à environ 4 kilo mètres de son point de départ.
A partir de cette ligne, il s'étalait en éventail à droit( et à gauche. La 3^ division du Corps d'Armée tenue er réserve s'imbriquait alors entre les 2 premières divisions d'attaque.
A H. plus 6 heures, le Corps d'Armée était sur son 2^ objectif, à y kilomètres environ de son point de départ, ayant fait un peu plus d'un kilomètre à l'heure dans un terrain mouvementé coupé de formidables défenses et tenu par un ennemi averti.
En fin de journée, il s'établissait sur une ligne située environ à 8 ou à 9 kilomètres des tranchées de départ. Il avait atteint son 3^ objectif et permis le débouché des corps de cavalerie et de l'armée d'exploitation.
Cette conception, que j'analyse en détail pour un Corps d'Armée, nous la retrouvons subissant de légères modifications dues à la nature du terrain dans tous les ordres d'engagements des divisions de Corps d'Armée des V^ et Vl^ Armées.
C'est la ruée.
Le détail des haltes horaires, qui prête à sourire quand on songe au désarroi d'un combat, fut même une concession du général Mangin à ses exécutants.
Ces plans d'engagements sont l'application, sur le terrain, des fameuses instructions sur l'offensive de décembre 1916.
On s'est plaint, en diverses occasions, de l'absence de réserves prêtes à exploiter le succès ; il y aurait mauvaise grâce à reprocher au Commandement d'avoir prévu les conséquences de la rupture.
Malheureusement, cette conception grandiose a eu cette conséquence, qu'un commandant de chasseurs formulait ainsi devant moi : « Dans les ordres d'opération, on ne parlait presque pas de la première position, un peu plus de la seconde, on ne prévoyait la princi-
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aie résistance que sur la 3*^ position allemande à 8 ki- Dmètres de nos tranchées de départ. »
Tous les quarts d'heure, les bataillons se succéaient sur la parallèle de départ : u véritable entasement », rend compte le commandant d'une grande
nité.
Comme les premiersbataillons étaient arrêtés à i.ooo,
.5oo, 2.000 mètres plus loin, l'arrivée successive des ataillons de renfort ne servit qu a augmenter les ertes. Presque partout, il y eut trop d'infanterie, rétait la conséquence des ordres d'opération qui, pour haque unité, bataillons, divisions, armée d'attaque ou le réserve, prévoyaient la marche en avant selon un loraire fixé.
Les illusions stratégiques ont fait négliger les doutées tactiques.