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LE TERRAIN ET LE TEMPS

Le terrain d'attaque du côté du massif de Craonne itait particulièrement difficile : « Pentes à pics boisés, oute la montagne creusée de cavernes souterraines )rganisées, reliées entre elles et pouvant contenir des )ataillons ; fils de fer entre les arbres, réseaux à contre- )entes, traquenards de toutes sortes, mitrailleuses ivec puits et cavernes, terrain en apparence inexpugnable. » (Compte rendu d'une grande unité.)

Extrait du Journal de marche d'une grande unité : ( Ce n'étaient plus des réseaux, c'était une forêt de ils de fer... Les creutes étaient au débouché de la première position... L'ennemi avait percé le plateau de tunnels dont les entrées étaient dans la vallée

irrière. »

Observatoires terrestres. — Enfin sur tout le front, les observatoires terrestres étaient aux mains ddPl'ennemi. Il voyait partout nos préparatifs d'attaque, sauf dans

la plaine de Berry-au-Bac ; nous ne voyions nulle par ses préparatifs de départ.

L'aviation ne pouvant sortir, nous avons ignoré les réseaux à contre-pentes.

Le temps aggrava les inconvénients propres à ce terrain.

^^^^s- — La Commission de l'Armée se souvient du conflit qui s'éleva, vers le mois de février, entre elle et le Gouvernement, au sujet des abris français de ce même secteur. Une note de M. Tardieu et un compte rendu d'inspection que j'avais fait, signalèrent la faiblesse de nos abris, à peine à l'épreuve du io5.

Officieusement, on nous tit savoir que la théorie des abris était désuète dans l'armée allemande aussi bien que dans l'armée française. On nous communiqua une note d'Hindenburg commandant de boucher les abris.

Nous fîmes remarquer que cette note s'apphquait aux abris de première ligne et non de seconde ligne. Le Haut Commandement et le Ministère d'alors jouaient sur les mots.

Or, je viens de constater sur le terrain conquis par nous, comme je l'avais constaté sur le terrain abandonné au delà de Soissons, que les abris allemands sont de première qualité et incomparablement supérieurs aux nôtres; la plupart d'entre eux n'ont pas été détruits. Ils sont en béton et rails.

Entre les abris de secteur de la position allemande et les abris de secteur de la position française, entre Soissons et l'Aisne, aucune comparaison n'est possible,

^ Le compte rendu d'une grande unité porte : « Avant l'attaque les abris n'étaient pas assez nombreux. »

Une fois de plus, la Commission aura eu raison en portant à la connaissance du Gouvernement les plaintes des exécutants.

Le temps. — Extrait du Journal de marche d'une grande unité: « Étant donné l'état du terrain détrempé,

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Hant donné que Ihiver durait encore, la mission 'apide confiée à l'unilé était une ulopie. »

« Le temps était si mauvais qu'il fut impossible à ['infanterie de suivre le barrage d'artillerie... Le temps Hait si mauvais que les fusils-mitrailleurs, les mitrailleuses et même les fusils étaient hors de service... Le temps était si mauvais que l'infanterie a jeté presque tout son chargement. »

Le temps fut une bourrasque continuelle. Il était mauvais depuis le 16 février.

Les troupes noires perdirent « les trois quarts de leur force combative ». L'assaut fut ralenti; les réglages aériens impossibles, les transports impraticables.

Nous nous souvenons d'avoir protesté jadis contre ladateirapérative de l'offensive de Woëvreenavril igiD. L'équinoxe a également arrêté l'offensive de Champagne, en septembre igiS ; les tempêtes de février 1916 ont ralenti l'attaque allemande sur Verdun.

L'expérience de cette guerre enseigne que le facteur mauvais temps se retourne toujours contre l'assaillant.

Pourquoi a-t-on choisi cette date ?

Le service météorologique de l'Armée n'a-t-il pas averti, ou n'a-t-il pas été écoulé ?

N'a-t-on fait, comme on le prétend, cette offensive prématurée que pour prendre ce que, dans la littérature de l'École de Guerre, on dénomme « l'initiative des opérations en 1917 »?

Si cela est, nous avons, avec moins d'excuses, renouvelé la faute des Allemands devant Verdun.

Le temps a été un tel facteur de notre éche^ que nous en faisons, par la suite, l'objet d'une question spéciale au Gouvernement.

l'en>'emi

L'ennemi était évidemment renseigné sur nos préparatifs d'offensive. Un document allemand, du 3o mars,

du Général d'armée Von Boehn, tombé entre nos mains, parle de la a bataille défensive ».

Le Commandement avait interdit à notre aviation de chasse de sortir, pour que sa présence ne décelât pas nos plans, mais il en est résulté que l'aviation ennemie put, tout à loisir, photographier nos routes, nos épis d'artillerie lourde qui n'élaient pas camouflés,' nos voies de o m. 60, nos gares et nos camps.

Dès l'attaque, les effectifs de l'aviation ennemie étaient au complet. (Bulletin renseignements Vî^ Armée.)

I/ennemi s'était chaque jour renforcé. J'ai relevé moi-même sur le Bulletin de la V« Armée, le chiffre des emplacements de batteries vues en activité.

La courbe ascendante est significative : i5 février 53 emplacements de batterie en activité 1 mars 108 —

6 avril 181 —

Vers la mi-mars, sur le front de la V« Armée, il n'y avait que 4 D. L ennemies, 2 d'activé et deux de landwehr.

A la mi-avril, les divisions massées par l'ennemi au Camp de Sissonne étaient descendues; au lieu de 4 sur le front de la V^ Armée, elles étaient de 9.

Et le Bulletin de renseignements du 17 avril de la V« Armée porte : a Tous les mouvements de troupe de ces derniers jours ont été des mouvements de relève. » 11 est probable que l'ennemi ne voulait plus renforcer un front déjà très dense depuis une quinzaine de jours.

Preuve que nous attaquions du fort au fort. Les Allemands avaient tenté d'autre part de nombreux coups de main sur nos lignes; 3 jours avant l'at-

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que, un sergent, portèurde l'ordre d'opération, expo-

fnt le dispositif d'attaque des VIP, XXXIP et XXXVni«

)rps et de celui des Russes, avait été tué par l'ennemi.

L'ordre portait le dispositif d'attaque du fort de Bri-

ont qui devait être pris à H. plus 3 par une série d'at-

ques convergentes, dont la principale, nord-sud, pré-

ipposait la prise des hauteurs dé Sapigneul.

L'ennemi renforça particulièrement ce secteur; notre

^ance fut infime sur ce point; les pertes du VIP Corps

Armée s'élevèrent, du 16 au 20 avril, à i5.ooo hommes.

L'officier qui avait commis l'imprudence de porter

plan d'opérations à la connaissance des officiers su-

ilternes en avait courageusement rendu compte. Le

aut Commandement français savait donc que l'attaque

ait connue de l'ennemi, jusque dans ses détails, pour

ois Corps d'Armée.

Le Haut Commandement savait que la surprise était zclue de cette oj^ensive.

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