MUNITIONS
La densité d'artillerie était faible ; la pénurie en mutions était certaine.
Les minenwerfer suffirent généralement à la préparaon de la première ligue; mais la seconde ligne de la *emière position comme la deuxième position, comme
troisième position, reçurent peu d'obus.
Le rassemblement des munitions se fit tardivement.
Il y eut à la V* Armée une indéniable crise de munions. On manqua d'obus. En outre, le temps fut exé- •able, les réglages souvent impossibles.
Décalage de la préparation. — A la demande de la P Armée (général Mangin) à qui le temps avait inrdit de faire le contrôle de ses tirs d'artillerie, l'offenve fut par trois fois ajournée.
L'analyse des ordres donnés à Tartillerie est probante cet égard. Les premiers ordres portaient :
1" Réglages « discrets » du 2 au 4 avril;
2» Contre-batterie, 5 et 6 avril;
3» Tirs de destruction, 7, 8, 9, 10, 11 avril;
Le 5, les commandants d'artillerie de corps rendaient ïmpte qu'en trois jours, ils n'avaient fait « que l'équiilent d'un petit jour de feu ». L'offensive fut reportée 1 i4 avril.
Même temps, mêmes conséquences, nouveaux orres : l'offensive fut reportée au 16.
Il en résulte que l'artillerie de contre-batterie, artillee lourde longue, qui avait 7 jours de feu, a fait f jours de contre-batterie.
Et l'artillerie lourde courte, avec 5 jours de feu, a lit 7 jours de destruction.
Ainsi s'explique ce compte rendu d'une grande unité :
1 5 avril 1917. « La préparation d'artillerie est diluée, 'artillerie allemande n'est pas dominée, la modicité es allocations en projectiles permet à l'ennemi de réarer ses brèches et de refaire ses retranchements. »
262 LA GUERBE VUP d'eN BAS ET d'eN ftAUT
Proportion du 155 court au mètre courant. — Poui
les tirs d(^ destructions, les expériences des ofFensivet précédentes ont conduit à admettre qu'il fallait pluî de 3 obus de i55 au mètre courant de tranchée.
La V' Armée n a envoyé, par ses canons courts, que 187.000 obus sur un front offensif de 3o kilomètres, soil 6,24 au mètre courant; mais les premières lignes avec leurs multiples sinuosités font plus de 3o kilomètres de front.
Le moins qu on puisse dire, c'est que 1 ailocatior donnée à la V« Armée a été plus que juste.
Ainsi, l'étude des statistiques précise et justifie les plaintes des combattants.
La fV^ Armée, au contraire, a, pour un front moitié moindre (16 kilomètres), tiré i/jo.ooo obus de i55 avec canons courts, soit 8,81 au mètre courant.
Son succès a été mieux assuré et ses pertes moindres.
L'offensive moderne a ses règles immuables.
Consommation des munitions par calibres. Diminution du stock global des munitions. — Le tableau delà bataille ne serait pas complet si nous ne présentions pas à la Commission l'usure de notre stock de munitions qui est résultée de notre dernière offensive.
Selon le G. Q. G., nous aurions consommé 6.947.000 obus de 75 pendant l'o/lensive. Selon les chiffres qui m'ont été donnés par les Armées, nous n'en aurions consommé que 4.760.000 du début de l'offensive à J. plus 1. inclus.
Si nous comparons ces deux chiffres au stock total de nos munitions de 75, porté sur le tableau du 3i mars dernier, nous constatons que selon le G. Q. G. nous avions brûlé 28 p. 100 de notre stock et selon les Armées, 19 p. 100 de notre stock de 75.
Notre collègue Viollette avait fait à ce sujet, en octobre 1916, des prévisions assez pessimistes. Elles ne se sont heureusement pas réalisées.
J'ai relevé moi-même dans les Vl% V* et ÏV* Armées,
OFFENSIVE GÉNÉRALE DU l6 AVRIL I9I7 253
i consommation quotidienne d'artillerie lourde depuis B début de la préparation d'artillerie jusqu'au lendenain de l'offensive inclus
Nous avons brûlé en obus :
Du calibre de io5: i4 p- loo de notre stock d'obus u ^1 mars;
Du caliihre de 120 : i5 p. loode notre stock d'obus au
1 mars;
Du calibre de i55: 21 p. 100 de notre stock d'obtis au ^f mars (888.000 obus de i55 pour 3 Armées).
Du calibre de 220 :19 p. 100 de notre stock d'obus au 1 mars ;
Du calibre de 270: 11 p. 100 de notre stock d'obus aiîi
i mars.
La consommation d'obus a donc été généralement du ixièrae ou du cinquième le notre stock global. Elle a té modérée ; il est à regretter que nous n'ayons pas été ussi économes en effectifs qu'en munitions.