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Non compris 5. i83 Russes et 7.897 Sénégalais.
Ce tableau semble erroné en ce qui touche les pertes de la VP Armée; cette Armée donne des chiffres semblables, mais en y comprenant les Sénégalais.
Il résulte des enquêtes que j'ai faites que le G. Q. G. aurait compté deux fois les pertes sénégalaises ; il ne faudrait donc pas ajouter, comme le fait le tableau cijoint aux 102.445 hommes de pertes, 7.397 Sénégalais ; ceux-ci sont inclus dans le chiffre global des 102.445 h. de perles.
Au surplus, les demandes de renforts qui ont été fournies corroborent cette statistique.
Ces renforts ne sont donnés qu'aux divisions ramenées à l'arrière, c'est-à-dire qui ont pu faire à loisir le décompte de leurs pertes.
Voici quels étaient les renforts à la date du 27 avril :
Bataillons d'instruction . . . . 24. 7 :2S hommes
Intérieur 10.000 —
Territoriaux des jeunes classes
Il bataillons de réserves dissous. 8.000 —
Dépots divisionnaires .... 45.000 —
Au total 91.610 hommes de renfort.
Les chiffres de renfort concordent à 10.000 hommes près avec les chiflres de pertes du G. Q. G.
Or, le chiffre des pertes numériques est généralement d'un dixième supérieur au chitïre des pertes nominatives. J'inclinerais donc à croire que l'ensemble des pertes du 16 au 3o avril exclus est aux environs de 92.000 hommes, plus 5.000 Russes.
Chiffre des morts. ~ L'analyse des chiffres du tableau des pertes données parle G. Q. G. pose une question troublante; La proportion des morts par rapport aux blessés se serait-elle accrue?
OFFENSIVE GÉNÉRALE DU i6 AVRIL I9I7 267
En elTet, si nous ajoutons le chiffre des disparus au liffre des tués et si nous en soustrayons le chiffre des :-isonniers français que l'ennemi déclare dans ses )mmuniqués (3. 610 prisonniers du i6au3o avril) nous ouvons une proportion de morts par rapport aux essésqui est de presque moitié (82.700 morts ou préimés morts pour 63. 200 blessés).
On avait jusqu'ici admis que la proportion des tués IX blessés et prisonniers était d'un quart ou d'un cinaièrae. U semblerait que la récente offensive, pour des lisons au premier abord peu saisissables, ait donné 3u à des pertes en tués plus fortes que celles accouimées.
Nous avons fait, pour résoudre ce point troublant, de ombreux sondages dans les tableaux des pertes de ombreux corps et de nombreuses divisions. La statistique est toujours chose décevante; il nous !mble pourtant être arrivé à trouver une proportion i tués par rapport aux blessés plus grande. Nos .sondages ont porté sur certains régiments qui ont pas reculé, qui n'ont pas abandonné le terrain aux lains de rennemi, qui n'ont pas eu par conséquent de risonniers. J'ai trouvé une proportion d'environ un [lart de tués par rapport aux blessés.
D'autre part, les états de pertes qui nous sont actuelsment donnés par le Commandement sont pour la oupe des états numériques, les états nominatifs des oupes n'étant faits que plus tard à loisir, pour l'état vil, et adressés directement parle corps au ministère ms passer par le Commandement.
Par contre, les états de pertes des officiers sont nodnatifs. Il faut, en effet, que le Commandement puisse nmédialement les remplacer. U en résulte que par Dnséquent les états des pertes de la troupe sont sujets de très larges erreurs, tandis que les états des pertes a officiers sont d'une vérité très approximative. J'ai donc fait d'assez nombreuses comparaisons pour
tâcher de chilTrer la proportion des officiers subal ternes tués par rapport aux officiers subalternes blessés.
La IV' Armée, du 16 avril au i'''^ mai, a eu i3 officiers supérieurs tués et 25 blessés, 184 officiers subalternes tués et 437 blessés.
La proportion des officiers supérieurs tués par rap port aux blessés a donc été de moitié et la proporlior des officiers subalternes, dans cette Armée pendante même période, a donc été de près d'un tiers.
Sur toute une série d'autres points, j'ai fait des son dages analogues. Pendant celte attaque, d'une part k marmitage intense et d'autre part les barrages df mitrailleuses, ont certainement élevé le taux des pertes en tués par rapport aux blessés. Ils l'ont porté à plu? d'un quart et presque à un tiers. Mais cela ne suffit pas à expliquer l'étonnante proportion sur un si grand chifîre de tués par rapport aux blessés.
Il faut admettre alors que beaucoup d'hommes sont restés sur le terrain, auxquels l'ennemi n'a pas fait quartier.
Il faut admettre que l'élan de l'infanterie a été aussi beau qu'aux premiers jours de la guerre et les destructions aussi incomplètes qu'aux premiers jours de la guerre.
On ne jette plus les hommes sur des fils de fer intacts, on les jette sur des mitrailleuses intactes.
effet moral sur l'armée française
Il ne faut ni exagérer, ni ne pas prendre au sérieux l'efiet moral produit, par les conditions dans lesquelles a été livrée cette bataille, sur la troupe et sur le Commandement à tous les échelons.
La troupe^ — Le poilu était généralement parti avec ce sentiment : « C'est le dernier coup, nous allons en mettre. »
OFFENSIVE GÉiNÉRALE DU l6 AVRIL Ï917 269
Les intentions du Commandement avaient filtré usque dans la troupe. De simples soldats du I®"" corps ne l'ont précisé : « Le soir, nous devions être à ^mifontaine et être relevés dans les quarante-huit leures. »
Leurs déclarations étaient conformes au plan d'en- ;^ageraent de ce corps.
L'enthousiasme incontestable et sublime avait été îhaufîé par tous lès officiers de troupe : lieutenants et îolonels.
Eux-mêmes avaient reçu l'impulsion des échelons lUpérieurs.
La désillusion a été forte : le contrôle postal dune b*mée porte, le 29 avril, « La correspondance posale dénote un profond affaiblissement du moral causé >ar la constatation des résultats de rofîensive. n Aucun les comptes rendus de la Commission de contrôle )ostal ne fait exception.
Le Commandement. — Le général Nivelle, dans une éunion de ses généraux de corps, avait répondu à ceraines de leurs remarques et observations par ces paoles que j'extrais d'un journal de marche : 0 Si j'avais lu à donner des ordres à flindenburg, je lui aurais lommandé le repli qu'il vient de faire. Allez-y carrénent, il n'y a plus de Boches devant vous. »
Il en résulte qu'à tous les échelons la confiance dans 'échelon supérieur a subi une dépression. Il faudra [uelque temps à l'officier d'infanterie pour reprendre a troupe en mains.
On sent, sous la réserve des propos qu'impose la disiipline, que la confiance n'y est plus.
« La leçon de la Somme n'a servi à rien », me dit un général commandant l'infanterie divisionnaire.
Un autre grand chef, me dit : « vous avez changé les lommes, mais vous n'avez pas changé le Commandeuent ».
Et de fait, on sait que le plan qui a été appliqué
avait été conçu par le G. Q. G. sous le précédent Général en Chef, par le même bureau d'opérations.
Quant aux méthodes, elles n'ont pas changé. Le règlement sur l'offensive de 1916 est un succédané du règlement de 1918.