‹ La guerre vue d'en bas et d'en hautChapitre 78 sur 94 · HAUT COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

HAUT COMMANDEMENT

Depuis Toffensive du 16 avril 1917, l'organisation du Haut Commandement a été modifiée par 4 décrets.

Le premier, du 29 avril, nommant à côté du Ministre de la Guerre un chef d' Etat-Major Général.

Le second, du 9 mai, donnant au Sous-Secrétaire d'État aux Transports délégation des attributions confiées jusqu'ici à l'autorité militaire dans les armées.

Le troisième, du 11 mai, fixant les attributions du Major Général.

Le quatrième, du i5 mai, nommant le général Pétain Général en Chef et le général Foch Major Général.

Des personnes choisies, nous ne dirons rien. Le rôle de la Commission de l'Armée et de chacun de ses commissaires n'est pas de porter les couleurs de tel ou de tel général. Rien ne serait plus pernicieux pour son autorité et pour le régime lui-même que de voir les députés intervenir dans le choix des grands chefs.

Décret du 9 mai. — La direction de l'arrière du G. 0. G. a été parce décret supprimée; l'installation des voies ferrées nouvelles appartient désormais au Gouvernement.

Or, l'organisation de nouvelles voies ferrées est un organe de commandement au même titre que Tartil-

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lerie. Est-ce le Major Général qui fera à cet égard la liaison entre Tarmée et le Sous-Secrétaire d'État aux Transports? La commission sollicite quelques précisions et éclaircissements.

Décret du 29 avril. — L'institution d'un chef d'E.-M. G. à côté du Ministre tend à atténuer la dualité de pouvoir du G. Q. G. et du Gouvernement.

Voici plus de 2 ans que la Commission de l'Armée en signale les inconvénients. Elle ne peut que se féliciter de voir le Gouvernement entrer dans ses vues. Elle sait que des réformes ont été déjà commencées au G. Q. G. Elle demande à en connaître le détail.

Décrets des 11 et 15 mai. — La Commission sollicite du Gouvernement quelques explications sur ces décrets.

Il a paru à quelques commissaires que certaines confusions pouvaient s'établir dans le partage des attributions du commandement.

Elle sollicite donc le Gouvernement de lui faire conaaître comment il entend le fonctionnement de ces dirers décrets.

Il convient de signaler, en terminant, la multiplicité des organismes de commandement : brigades, divisions, armées, groupes d'armées, G. Q. G., interposés între la troupe et le Haut Commandement, d'où il •ésulte l'inaction et Tabus des comptes rendus.

ÉQUIPEMENT DU FRONT EN TERRAIN d'oFFENSIVE

Avant le repli allemand, l'attaque française inscrite sur e terrain pouvait se produire de l'Argonne à La Bassée, )Ur un espace de 270 kilomètres. Deux attaques anglaises ;t une attaque française entre Roye et l'Oise devaient itlirer les réserves allemandes et lorsque l'ennemi paraîrait trompé sur la direction de notre principal effort, ine quatrième attaque avait mission de rompre le front.

Ce plan n'était possible que parce que peu à peu out ce terrain avait été équipé e/ terrain d'offensive.

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La Champagne, pour TofTensive de 1915, avait ét( organisée; la Somme pour celle de 1916, l'Artois pou: les offensives franco-anglaises de 1915 et de 1916; à 1î fin de 1916, le G. Q. G. s'était enfin décidé à organise le secteur de TAisne.

Au début de 1917, des chances de rupture se présen talent pour nous : l'ennemi, menacé sur 270 kilomètres pouvait ignorer où serait la masse principale d'attaque

Ce plan, la simple lecture de photographies d'avion Tavait fait pressentir à l'ennemi et il faut bien ad mettre qu'il avait paru redoutable puisque le feld maréchal Hindenburg crut devoir rompre le combat d Soissons à Bapaume.

Le Commandement français s'étant refusé depui deux ans à préparer méthodiquement tout le front ei terrain d'offensive avant de tenter une attaque, il n lui resta plus que deux alternatives : ou renoncer l'attaque jusqu'à ce que, par une préparation nouvell du front sur le terrain récemment libéré et par un préparation de tous les autres secteurs en terrain d'of fensive, il eût retrouvé sa liberté de manœuvre, ou bie attaquer avec les Anglais, sur les deux secteurs o l'ennemi nous attendait.

La Commission de l'Armée à le droit d'en tirer un conclusion pratique. Elle doit demander au Gouverna ment s'il est enfin décidé à organiser offensivemer tout le front.

A la date du i^' octobre 1916, la Commission a pri le Gouvernement, à ce sujet, de demander au Générs en Chef de chiffrer :

i« Les moyens de transport nécessaires à l'équipe ment de tout le front en terrain d'offensive;

2" La main-d'œuvre nécessaire à l'élaboration de c

plan.

Nous croyons savoir que le général Halouin, secrt taire du Comité de Guerre, a étudié la question, mai nous n'avons pas reçu de réponse.

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Si le Gouvernement entrait dans ces vues, il ne pourrait les réaliser qu'avec l'aide et l'appui de nos alliés.

UNITÉ d'action

S'il était besoin de démontrer une fois de plus qu'une bataille, même localisée, sur un secteur du front français est conditionnée par les négociations antérieures entre alliés, Tinsuccès de la présente opération nous suffirait.

Cette bataille a été à nouveau une bataille francoanglaise unilatérale.

Une fois de plus, l'unité d'action a fait défaut.

La Commission se souvient que, peu avant que les Ministres français ne partent, au début de janvier, pour la conférence de Rome, elle avait émis le vœu que 100.000 travailleurs fussent demandés à la grande nation voisine, abondante en terrassiers, pour organiser notre front.

Une organisation défensive mieux assurée pouvait nous permettre de libérer plus aisément nos divisions au profit de l'Italie.

Une offensive mieux organisée pouvait nous permettre de retenir sur notre front une plus grande masse de réserve allemande.

Tout coup de pioche donné sur le front français avait une répercussion sur le front italien.

Cette thèse, le Gouvernement français, si nous sommes bien renseignés, ne la soutint pas ou la soutint mollement (1).

Le seul progrès fait dans ce sens fut l'envoi, par le général Cadorna, au général Nivelle de quelques milliers de travailleurs civils, de qualité d'ailleurs médiocre.

(1) On sait que l'envoi de 300.000 travailleurs italiens ne fut obtenu qu'en janvier 1918, à la suîte du rapport et de la mission de M. Abel Ferry (Voir ch. v, Rapport du 30 décembre 1917).

Pourtant l'article 7 de la Conférence du 9 janvier 1917 à Home, prévoyait une action commune des Alliés snr le front italien, admettait le principe dune collaboration militaire et en renvoyait le détail à une entente entre experts militaires.

Il en résulta une promesse d'envoi de divisions franco-anglaises en cas d'attaque allemande sur le Trentin, sans aucune contre-partie, ni en troupes, ni en travailleurs du côté italien.

Les événements récents viennent de démontrer qu'en cas d'offensive franco-anglaise, aucune contre-partie d'offensive italienne n'était également prévue.

La récente offensive a creusé dans nos dépôts divisionnaires un nouveau déficit. Il est actuellement de 100.000 hommes (1).

D'autre part, les besoins restent les mêmes, on peut les chiffrer à 80.000 hommes par mois.

Voici les ressources de l'infanterie :

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