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Leur demande d'autorisation de la dite usine date Li 21 décembre. Bien qu'elle fût renouvelée par le géïral Pershing le 24 janvier et appuyée par les services 01 Ministère à la même date, l'autorisation n'a été :cordée que le 28 février avec deux mois pleins de reird.
Pourquoi ces lenteurs administratives qui se reperçant sur la sortie des programmes ?
L'usine de Châteauroux, montée pour sortir en rande série les chars lourds, sera d'un démarrage îsez lent. Les Américains et les Anglais espèrent .5oo chars Liberty au i^' mars 1919, la Sous-Direc-
tion des chars d'assaul du Ministère de la Guerre n compte pas sur plus de 900 chars.
La Sous-Direction a donc saisi le Comité interallié d Versailles d'une demande de revision des répartition des chars lourds produits par l'usine de Châteaurou?
Nous avons l'honneur de demander au Gouverna ment : Le Comité interallié de Versailles a-t-il pris un décision?
Quelle part a-t-il attribuée à la France ?
Au surplus, l'intérêt de cette répartition entre Frar çais et Américains sera très atténué, si, comme nou l'espérons et comme nous en saisirons prochainemer la Commission de l'Armée, le Gouvernement françai est décidé à ne pas laisser créer un iront américai indépendant du front français.
Dans cette hypothèse, la totalité de la production d l'usine de Châteauroux sera affectée, dans la môme hi taille, aux divisions amalgamées franco-anglo-amér caines. Dans cette hypothèse, on pourrait donc et compter pour l'armée française, pour l'attaque francc américaine en mai-juin 1919, au minimum 60 chars d 60 tonnes des chantiers de la Seyne, 900 chars Libert de 4o tonnes et au maximum 3oo chars de 60 tonneî i.5oo chars de 4o tonnes, c'est-à-dire de quoi réalise une surprise stratégique.
Production française. — A la suite d'essais auxquel a assisté notre collègue M. Breton, directeur du sei vice des Inventions, le choix des organismes compé tents s'est arrêté sur un char C. 2 des chantiers de 1 Seyne, dont, pour aller plus vite, il n'a pas été fait d modèle. Le Général en Chef en demande 3oo. La Di rection de l'artillerie d'assaut du Ministère de la Guerr en demande 3oo pour le i^"* mars 1919. Le Ministère d l'Armement passe une commande de 60 à 100 chars.
60 à 100 chars correspondent à un front d'atlaqu de 3 divisions. Dans ces conditions, les chars lourds d 60 tonnes ne seraient, au printemps deTannée prochaine
LKS CHAHS D ASSAUT 291
u'un échantillon de matériel sur la ligne de bataille.
La commande a été passée par le Ministère de l'Arlement avec un retard de six semaines. Pourquoi? Il y a pas d'autre explication que la mauvaise organiition des services de l'artillerie d'assaut au Ministère e l'Armement.
J'ajoute qu'il n'y a pas de dessin définitif et d'enîmble du char commandé et de son aménagement injrieur. On a perdu du temps pour obliger la Guerre à asser par où en voulait la maison de construction.
A ces délais de livraison, il faut ajouter un trimestre 3ur l'instruction du personnel.
Le Haut Commandement français n'aura pas les lars lourds, nécessaires pour attaquer sur son front B 4o kilomètres, avant mai-juin 1919.
L'A. S. française est donc inférieure à celle de nos lliés anglais quant aux types et quant au nombre de matériels, inférieure à Vartillerie d'assaut allemande lant aux types et bientôt, d'après nos renseignements^ lant au nombre des appareils.
CONCLUSIONS
Le programme de fabrication de nos chars d'assaut 3it être placé dans le programme général et total de 3S fabrications de guerre. Le Ministère de l'Armement :'évoit dès maintenant de fortes réductions sur ses sponibilités d'acier.
A quelle fabrication donnera-t-il la priorité ? C'est fonction du plan stratégique du Haut Comandement pour les années 1919 et 1920. Nous disons mnée 1920, car au train dont va actuellement (1) la col-
(1) Avant la rupture du front français qui détermina l'effort scisif de l'envoi des contingents américains.
laboralion franco-américaine et anglo-américaine, l'ar mée américaine ne sera, au débul de 1919, qu'un ap point sur la ligne de bataille.
Quels enseignements le Haut Commandement et h Gouvernement ont-ils tirés de la dernière offensive al lemande et de trois années d'efforts infructueux pou rompre le front allemand?
Les Commissions du Budget et de l'Armée, dès li fin de 1915, avaient suggéré de chercher la percée dan une attaque où la surprise stratégique jouerait enfin L rôle prédominant.
« Organiser le front partout en terrains offensifs tromper l'ennemi sur le point et sur la date môme di l'attaque^, réaliser la préparation partout et la surpris quelque part », tel fut notre programme : A peine nou répondit-on !
Dans des poussées successives nos chefs ont us l'infanterie, l'armée et la France : de 1.100.000 hom mes, nos fantassins sont descendus à 5oo.ooo hommes
Les Allemands par contre ont, dans leur dernier attaque, préparé le terrain de la frontière suisse à l mer du Nord. Ils ont surpris les Alliés. Bénéfice : 1 mil lier de canons, 80.000 prisonniers, 3o kilomètres d'à vance.
Après cette expérience, nous avons le dr.oit d demander si la surprise sera exclue de nos future offensives, comme elle l'a été de toutes nos offensive passées?
Le programme d'armement doit s'adapter à la cor ception stratégique du Haut Commandement. Seloi que celui-ci attend la rupture et la victoire d'un écra sèment méthodique des lignes adverses ou d'un effe de surprise, l'ordre de priorité des divers matériels doi être différent.
Artillerie longue et courte ou bien avions, char d'assaut et projectiles de neutralisation.
Provoquer, après l'expérience acquise par l'offensiv
LES CHARS d'assaut 293
Uemande, une re vision de nos pro^n-ammes de fabriation, en harmonie avec la conception stratégique ue le Haut Commandement a des batailles futures : si est le but principal de ce rapport.
Question d'ordre général — La Commission consiérant qu'après Texpérience des dernières batailles ine revision de Tensemble de nos programmes d'arlement s'impose, invite le Gouvernement à consulter 3 Général en Chef français et le Général en Chef inlerllié sur l'ordre de priorité des divers matériels par eux iemandés.
Questions particulières aux chars d'assaut. — i<* Estl exact qu'il y ait i3.64o tonnes d'acier immobilisées [ans les usines pour les cuirassés du type Béarn, et lont une partie tout au moins pourrait être utilisée »our le blindage des chars lourds?
2" La Sous-Commission invite le Ministère de la iuerre à rattacher la Sous-Direction de l'A. S. de préérence à la Direction de l'infanterie plutôt qu'à la Diection de l'artillerie;
3° Ne pourrait-on pas pratiquement réunir, autant [ue possible, dans un même corps de bâtiment les iivers services des ministères de la Guerre et de l'Arnement qui s'occupent des chars d'assaut?
4° Quelle mesure le Ministre de la Guerre compte- -il prendre pour assurer une instruction intensive et me stricte discipline à Cercottes?
b'^ Pourquoi y a-t il eu un retard de deux mois àl'auorisation de l'usine interalliée de Châteauroux, soUiciée par les Américains ?
&" Combien le Comité interallié de Versailles a-t-il attribué à la France de chars Liberty?
7« Combien de chars C. 2 le Ministre de l'Armement 3eut-il fournir et à quelle date?
8° Pourquoi n'a-t-il pas été fait de dessin définitif et l'ensemble du char C. 2 en commande ?
9" Pour quelle raison raisonnable oblige-t-on un
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sous-officier de char d'assaut et même un aspirant sort de Saint-Gyr à passer par Fontainebleau avant d'êtn promu sous-lieutenant d'A. S., alors que le corpi d'officiers d'A. S. est lui-même recruté directemeni dans toutes les armes, que les cours de Fontaine bleau n'ont aucun rapport avec TA. S. et qu'il a déjî été, à ce sujet, adressé par tous les dirigeants d( l'A. S. de vaines réclamations à la Direction de l'Artil lerie?
Ce rapport est adopté à l'unanimité par la Commis sion du Budget qui en décide l'envoi au Ministre de h Guerre et au Ministre de l'Armement.