‹ La Guienne anglaiseChapitre 30 sur 39 · UO CHÂTEAU DE MONBÂDON · texte numérisé non relu

UO CHÂTEAU DE MONBÂDON

sont elles-mêmes protégées au nord-est par les rampes naturelles du coteau; au nord et à l'ouest,

par d'autres rampes moins rapides, et qu'on a jugé à propos de surmonter d'une muraille (BB).

La porte se trouvait en i), entre deux tours carrées (Planche XCII); l'une d'elles est entiè-

.. „ ..„ rement détruite; de l'autre, il reste encore

••^^^..'luiiij^il-,,!^^^^^^^^ , ^ — , — , — -^ le rez- de -chaussée, qui na d autre issue

qu'un orifice à la voûte. On pénétrait dans le premier étage par le sommet des chemins de ronde, et de là dans la pièce placée audessus du cintre de la porte, où se tenaient les hommes qui manœuvraient la herse dont les i|. rainures se voient encore contre la tour. Cette ,^^^? tour offre tous les caractères du commencement du XI V° siècle. Les bâtiments E et F, en assez mauvais état, paraissent dater de la même époque. Le premier a été dénaturé au XVI* siècle. Le mur MK est d'une époque peut-être un peu plus récente que la construction du château. Une poterne f.\f) permettait de faire le tour des fortifications sans passer par la grande porte. Je crois avoir retrouvé les traces d'une autre poterne en 0, sur le milieu de la coupure. Le puits est en P. Cette forteresse est dans un état de ruine tel, qu'il est impossible de voir quelle était la forme et la direction des bâtiments intérieurs. La paroisse de Blazimont est riche en toute espèce de monuments. J'ai déjà parlé (tome I, pages 32 et 35) du moulin de Labarthe et du Grand-Moulin fCj. L'église et les bâtiments de l'abbaye (BJ sont remarquables à tous les points de vue. L'église de Casevert, située au sommet d'un des points culminants de la Gironde, date du XIIP siècle et remplace un sanctuaire plus ancien. La chapelle de la Veyrie, sur un autre pic, était autrefois un but de pèlerinage; on y apportait les enfants malades. Celle de Bonne-Nouvelle, cachée dans une profonde vallée boisée, près du hameau de Granier, était aussi un but de pèlerinage; on y venait de fort loin pour boire à une fontaine ferrugineuse située à 200 mètres de la chapelle, et dont l'eau avait des vertus merveilleuses : elle guérissait toutes les maladies. Au sud de la chapelle, dont les murs n'ont plus que quelques mètres de hauteur, était appuyé le logement du gardien. Ces richesses archéologiques sont rehaussées par la beauté du pays : la Gamage et ses affluents coulent dans des vallons aussi fertiles que pittoresques.

CHATEAU DE MONBADON

Canton de Lussac, arrondissement de Libourne.

Au commencement du XIV siècle, la paroisse de Monbadon dépendait de la châtellenie de Puynormand. Le roi d'Angleterre donna à Indie de Monbadon la permission d'y construire une maison forte ('). Le Catalogue des rôles gascons qui fournit ce renseignement ne dit p is ce qu'était

(') Mies yasams.

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cet Indie. Le 18 aoilt 13G3, monseigneur Robert de Mastat, baron, vint dans la salle du château d'Angoulême prêter serment au prince de Galles, en son nom et comme tuteur de Jacques (de Mastat peut-être), seigneur de Monbadon. Déjà, le 1 3 juillet, un Raymond de Monbadon, chevalier, en avait fait autant dans le palais de l'archevêque de Bordeaux ('). Ces personnages étaient-ils seigneurs de notre Monbadon? En 1461, Bertrand de Montferrand, qui régissait pour Charles II d'Albret la châtellenie de Puynormand, prenait la qualité de seigneur de Montferrand, de Veyrines, d'Aiguille et de Monbadon. En 1533, on trouve Gaston de Ségur, seigneur de Fourens et de Monbadon. Sa fille Jeanne de Ségur épousa Jean de Piis ; ils sont tous deux nommés dans un acte de 1.^84 (^). Cette terre leur fut probablement enlevée, ou ils n'avaient qu'une partie de cette seigneurie, puisqu'on trouve qu'une demoiselle Jeanne de l'Isle, veuve d'Alain de Dieuzaide, écuyer, seigneur de Monbadon en Puynormand, vivait en 1574 (^). En 1601 , elle fut vendue par Henri IV, roi de France, à Henri de Puyperon, chevalier, seigneur de Semens; il avait épousé Renée de Dieuzaide, dont il eut une fille, Marguerite de Puyperon, mariée le 7 août 1607 à François de Lageard, dont le fils aîné Philippe devint baron de Monbadon, seigneur de Semens, Saint-Seurin sur l'Isle, Corbin, etc. Son fils François hérita des seigneuries de Monbadon et de Semens, qu'il possédait encore en 1701. S'il en est ainsi, comment se fait-il que, dans un acte du 27 septembre 1643, on nomme Simon de Piis seigneur des maisons nobles de Fourens (*) et de Monbadon (^)? Ou cette seigneurie était divisée, ou il existe un autre Monbadon que je ne connais pas.

François de Lageard n'eut que deux filles, Marie et Charlotte. Marie épousa Jean-Baptiste de Lafaurie, conseiller au Parlement de Bordeaux. La famille de Lafaurie, dont la généalogie se trouve dans le tome IH, page 281 , de ['Histoire de Libourne, par M. R. Guinodie, à qui j'ai emprunté une partie de cette notice, a gardé la terre de Monbadon jusqu'à ces derniers temps; elle appartient maintenant à M. de Vassal.

Le château de Monbadon (Planche XCIII) est situé sur la pointe occidentale d'un petit promontoire se reliant à la crête des coteaux qui partagent l'Entre-Dordogne. Il domine la vallée de la Barbanne, près de la source de cette petite rivière, un des afiluents de l'Isle. Il ne se composait ,^,v^^« primitivement que d'une seule tour carrée à deux étages

J%'t:L^^i^f^^S£^^''* au-dessus du rez-de-chaussée, et munie aux angles de

tourelles : deux, carrées, qui prennent du sol, et deux rondes, qui, bâties sur encorbellement, ne partent que du premier étage. C'est la maison forte construite par "^^ ' '. 1 Indie de Monbadon.

Plus tard, on a appuyé contre le côté sud de la tour ' ' ' ■ ^' '5 » primitive un corps-de-logis carré dont les angles saillants

sont empâtés de tours carrées. Le manoir d'Indie était séparé du plateau par un fossé {BJ, au-delà duquel est une vaste basse-cour enveloppée de constructions modernes, et qui paraît n'avoir pas

(') Jules Delpit, Documents , p. 90 et 104. ~ (*) Archives historiques de la Gironde, t. I, p 411. — (') Idem, idem, p. 417.

— (') Fourens esl une habitation du XVII" sii'cle, située dans la commune de Norijean, canton de Brannes. On l'appelle actuellement le Chdtfan de Pimtac. A Fourens. on trouve une fontaine miraculeuse sur laquelle on a bàtl une chapelle appelée Chapelle de Sainte-Remède. Une autre petite chapelle existe à 150 mètres de là. Près de la ferme Du Bois, s'élève un menhir à côté duquel on a exhumé des ossements humains. Sur le bord du vallon, à 200 mètres environ du menhir, existe une grotte appelée la Grotte des Fées. J'ai parlé ailleurs de ces divers monuments et des légendes nieiveilleuscs aux(|uellps il ont donné lieu. — (») Archives historiques de la Gironde, t. I, p. 411.

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été protégée par un fossé, mais à l'entrée de laquelle existe une jolie chapelle (A) en style ogival de la dernière époque. Les murs du château ont de S^SO à 2"80 d'épaisseur au premier étage, qui est le rez-de-chaussée par rapport à la cour. Je n'ai pu descendre au-dessous, où existe une salle éclairée par des meurtrières cruciformes. Une petite tour carrée, en saillie au milieu de la face nord, renfermait les latrines, dont les divers étages étaient disposés pour la défense des courtines environnantes. Des mâchicoulis, dont on aperçoit encore quelques faibles restes, couronnaient cette forteresse, qui devait avoir une toiture couverte de tuiles creuses et appuyée sur le chemin de ronde. Outre ses murailles épaisses, le fossé qui l'enveloppait de trois côtés, qui peut-être même en faisait tout le tour, et les pentes rapides du coteau, cette maison forte était encore protégée par un vallum extérieur au fossé, et dont les restes se retrouvent au nord. Ce château, parfaitement conservé, forme une charmante habitation.

Dans la commune de Monbadon existe un autre château appelé Joanain, et dont les ruines sont

habitées par un paysan. Il est situé sur l'extrémité sud-est du plateau qui fait face à celui qui

sert d'assielte au château de Monbadon. Un fossé, qui se relie à l'est et au sud aux déclivités du

x<^±!'lJ'''''',llK'lL''VM'MM//#*',^ >.,«*-• coteau, sépare cette forteresse du plateau. Elle se

'^ compose de trois parties : 1° le château proprement dit (A), enveloppé de fossés de trois côtés et protégé du quatrième par des rochers à pic ; 2" une basse- ^ rTTr^ ' '~~'., ^°J " cour (B) à laquelle le château est relié par un pont

jeté sur un fossé, maintenant comblé depuis le pont jusqu'à la tour ronde (0). Cette seconde enceinte, protégée par une tour carrée qui fait saillie au sud sur la déclivité du coteau et une tour ronde à l'angle sud-est, est séparée de la troisième (E) par un simple mur. Cette cour est protégée de deux côtés par des rochers perpendiculaires, et des deux autres par un fossé. Toutes ces constructions ne paraissent pas antérieures au XVl" siècle.

Le plan de cette forteresse ressemble beaucoup à ceux de Cases et de Guilleragues (volume I, pages lis et 118), ce qui me fait supposer que sa fondation date du XIV' siècle. A 20 mètres du château, à l'ouest, existe un fort beau pigeonnier, mais dans un état presque complet de ruine.

CHATEAU DU GRAVEAU

A Saint Genês-de-Gas tillon, canton de Castillon, arrondissement de Libourne.

Ce château (Planche XCIIl) est un monument de la fin du XV' siècle ou du commencement du XVP. Ses murs sont surmontés de mâchicoulis ornés d'arcatures ogivales subtrilobées, ou simplement de trilobés, qui font autour de leur sommet une gracieuse couronne. Une tour ronde s'avance dans un angle; l'angle voisin est muni d'une échauguette ronde aussi. Sur le milieu d'une des faces s'avance une tour octogone renfermant un escalier qui monte au premier étage, divisé, comme le rez-de-chaussée, en deux salles seulement. La plupart des fenêtres sont divisées par des meneaux cruciformes.

Une enceinte de murs percés d'embrasures, et contre lesquels s'appuient quelques dépendances,

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