TRIBUNAL
RÉVOLUTIONNAIRE
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k la maisoD d« Justice de la Conciergerie , pour y t^ettrc à ex^iition le Jugement qui condamne
A la peine de mort. L'exécution aura lieu
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de celle ville. Û^«^^:i9$fc^ âL>^J^tXj> /4*.^*.-/C:*
L'ACCUSATEITR PUBLIC
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Ordre d'exécution de la foumée des Hébcrtistes.
faire périr. Il y avait peut-être quatre cent mille âmes témoins de cette exécution» (i). Le déclic que fait jouer Sanson met fin à la scène.
Le soir, la ville est en gaieté, Tair semble plus pur, lanatureplus riante, tout paraît avoir changé de face (2).
(i) Rapport de Perrières, 4 et 5 germinal, déjà cité. (3) F. C Gallart db Montjoyb, vol. cit. p. 132.
l84 LA GUILLOTINE EN 1793
La soirée est chaude. Rue Mouffetard, des vieilles causent sur le pas des portes et parlent du gamin, le fils de la fruitière dont la boutique est occupée maintenant par un potier d'étain, qui, jadis, « leur prognostiquait ce qu'il devait être par les tours noirs auxquels il se livrait (i) ». Ce gamin, c'est le conspirateur passé aujourd'hui par le glaive de la loi et dont le trépas réjouit les modérés (2). Chacun maudit son nom, chacun jette à sa fosse la pierre de son mépris et de son injure ; l'énorme haro de Paris est crié sur les Hébertistes : « Tel qui n'eût pas osé dire un mot contre eux il y a quinze jours déclamoit avec véhémence contre ces perfides, ces montres exécrables. C'est l'allure des hommes vulgaires ; ils font les braves quand on a tué l'ennemi » (3). C'est Grivel, mouchard philosophe, qui accorde en ces termes une oraison funèbre au marchand de fourneaux. Cependant, derrière lui, il laisse des fidèles qui, à voix basse, le proclament martyr de son patriotisme. Qu'ils prennent garde ! « Nous attendons qu'ils parlent plus haut et nous les veillons (4) ». Et dans cette petite phrase d'un rapport de police il semble entendre grincer le couperet dans ses rainures de cuivre rouillé.
Tout ce sang répandu mettait de rouges mares sur la terre de la Place de la Révolution. Le sol s'en imprégnait profondément et le talon des passants en emportait la trace au loin. Comme une éponge pressée, le sang sourdait parmi les empreintes où les chiens le venaient lécher. Cet atroce détail n'est point une
(1) Rapport ds Perrières, 4 et 5 germinal, déjà cité.
(2) Rapport de Soulet, 4 et 5 germinal ; Arch. Nat. Série W, carton 174, pièce 66.
(3) Rapport de Grivel, 4 et 5 germinal ; Arch. Nat. Série W, carton 174, pièce 69.
(4) Archives Nationales , Série W, carton 124, pièce 18.
Le carton 140 de la même série contient, sous le n» 87, cette
légende royaliste, ayons le courage de le reconnaître. Il nous est donné par une lettre du 13 mai 1793, du procureur syndic au citoyen Guidon, que nous avons vu, comme charpentier du Domaine, s'occuper de la construction de la première guillotine. Le procureur syndic déclare « que le sang des suppliciés demeure sur la place où il a été versé, que des chiens viennent s'en abreuver, et qu'une foule d'hommes repaissent leurs regards de ce spectacle qui porte les âmes à la férocité (i) ». Ce témoignage officiel, pourrions-nous dire, Prudhomme le confirme dans les Révolutions de Paris où, après avoir parlé du nouveau supplice, il remarque qu'il « ne dérobe pas assez aux spectateurs la vue du sang ; on le voit couler du tranchant de la guillotine, et arroser en abondance le pavé où se trouve l'échafaud ; ce spectacle repoussant ne devroit point être offert aux yeux du peuple ; et il seroit très aisé de parer à cet inconvénient plus grave qu'on ne pense,
pièce curieuse qui se rapporte à l'exécution des Hébertistes et à leurs derniers moments. Nous la signalons sans commentaires :