‹ La guillotine et les exécuteurs des arrêts criminels pendant la révolution, d'après des documents inédits tirés des archives de l'étatChapitre 18 sur 27 · LA GUILLOTINE A LA PLACE DU TRONE · texte numérisé non relu

LA GUILLOTINE A LA PLACE DU TRONE

en effet, rendu un décret instituant une commission militaire composée de cinq membres * chargés d'instruire contre les fauteurs de troubles. Dans les premiers jours de sa session cette commission siégea aux Tuileries, dans le local du Comité de Salut public, et les prisonniers étaient détenus dans les caves du château ; après quelques séances, la Commission militaire transporta ses assises, place Vendôme, dans l'ancien bureau du petit hôtel du lieutenant général de police, près du couvent des Capucines. Le voisinage de la place de la Révolution fut, sans doute, cause qu'on y installa de nouveau l'Schafaud. Paris, secoué par trois années de sang, excédé de la Révolution, découragé, mourant littéralement de faim et de misère, n'aurait pas supporté peut-être le long trajet des charrettes à travers les rues.

Du 6 avril 1793 au 11 thermidor an III (29 juillet 1795), l'instrument du D"" Guillotin avait fait tomber, tant au Carrousel qu'à la place de la Révolution, au Trône ou à la Grève, deux mille huit cent trente et une têtes. S'il fallait donner

* J. Capitain, colonel, président; Verger, adjudant général, chef de brigade ; Talmet, chef d'escadron ; P. Beaugrand, capitaine ; Gauda, capitaine d'artillerie. Deux volontaires, Romanet et Deville, et Rouhière, commissaire ordonnateur des guerres, étaient chargés du rôle de Secrétaires. La Commission cessa de fonctionner le H thermidor et fut dissoute le il.

une appréciation sur ce résultat, il suffirait de rappeler le mot de Danton : « Le tribunal révolutionnaire ! J'en demande pardon à Dion et aux hommes » Et la parole de Saint-Just : « L'exercice de la Terreur a blasé le crime, comme les liqueurs fortes blasent le palais. »

Page 1