Mémoires secrets de la République des Lettres, vol. IV
Au mois de juillet 1769, se répandait dans Paris, la nouvelle de la suspension des spectacles de Pantin, en même temps que l'annonce de la prochaine banqueroute de M1Ie Guimard.
On contait que M. de Soubise lui avait retiré les 2000 écus, dont il la gratifiait chaque mois : ce qui lui enlevait un revenu de 72 000 livres de rentes fixes, indépendamment des cadeaux particuliers; et l'on savait M. de La Borde ruiné, et ne pouvant presque contribuer aux amusements de la danseuse, que par l'apport de sa musiquette, et de son goût dans les choses d'art. Aussi représentait-on Mlle Guimard tourmentée par ses créanciers, au point de perdre la tête, et ayant besoin de trouver plus de 400 000 livres, pour faire face à ses engagements1.