Mémoires secrets, vol. V
L'intimité de Mlle Guimard, tout intermittente qu'elle fût, avec le prince de Soubise, capitaine des chasses, amenait en sa faveur une grâce, bien anormale pour le temps.
En cette France d'alors, où la chasse était le privilège exclusif de la noblesse, par la toutepuissance du prince, à l'effet de fournir du gibier à la table de la danseuse, un canton de chasse était pris dans les Plaisirs du Roi1, et donné à la châtelaine de Pantin, qui avait le pouvoir en sa qualité de « nouvelle Diane » de délivrer des permis de chasse aux danseurs, chanteurs, choristes de l'Opéra : si bien que c'était un spectacle, aussi curieux que surprenant, de voir, la carnassière au dos et l'esco-
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pette à la main1, les Plaisirs, les Vents, les Ondins, les Ris, les Tritons, les Signes du Zodiaque, enfin tous les croquants de la figuration de l'Académie lyrique, fusiller les perdrix, les lièvres, les faisans de Sa Majesté, pour le rôti des nymphes du magasin.