L'Opéra secret au xvme siècle, par Adolphe Jullien
En ces toutes dernières années de son service à l'Opéra, la Guimard est restée la personne ingouvernable, qu'elle a toujours été, n'en faisant qu'à sa volonté, n'obéissant qu'à ses caprices, et se gabelant, ainsi qu'on disait autrefois, des tribulations de Dauvergne.
Songe-t-il, ce pauvre directeur, à donner la Chercheuse d'esprit, une semaine, où la demoiselle de Pérignon est incommodée, où la demoiselle Langlois est prête d'accoucher, où la demoiselle Zacharie se trouve en congé, où la demoiselle Trosche est dans son lit, à la suite d'une entorse, — au dernier moment, la Guimard lui envoie dire qu'elle est hors d'état de danser.
Une autre fois, le répertoire arrêté pour la semaine, la Guimard fait prévenir, qu'elle compte se purger le mardi, et qu'on ait à changer de spectacle. Et cette purgation est une in-
vention de la danseuse : il y avait tout simplement une partie organisée pour aller passer le mardi, le mercredi, le jeudi, à l'Hay. «Voilà le résultat de la liaison de la Guimard, avec toutes sortes de canailles, » écrit Dauvergne '.