Mémoires secrets, vol. XIII
ceux qui avaient fait son élévation, s'indignant d'être menés par lui comme une brigade des fermes, et l'accusant d'être un petit Machiavel qui les avait divisés par de sourdes menées, et se plaignant d'être harassés d'études, de répétitions, et de ne recueillir de leurs sueurs et de leurs fatigues que de X épuisement et de la maigreur.
Alors, quand on croyait tout fini et les mutins rentrés dans Tordre, treize d'entre eux envoyaient leurs démissions, avec protestations devant notaire, et ne jouaient, au mois de mars, Iphigénie, que par ordre1. Sur ce, M. de Caumartin mandait devant lui les coryphées du chant et de la danse et annonçait le renvoi de l'Opéra de Mlle Duplan, même sans sa pension de 1.500 livres, pour son insolence envers son chef, et déclarait à Dauberval qu'il était chassé sans retraite, avec injonction de continuer à danser jusqu'à Pâques; après quoi défense pour lui de fréquenter le théâtre lyrique, même en payant2.
Au fond, l'âme de la conspiration c'était la Guimard. Oui, c'était elle qui conduisait l'intrigue avec l'adresse qu'on lui connaissait, c'était elle qui empêchait les partis maladroitement violents, c'était elle qui n'avait cessé de