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Collection d'autographes de M. Morrison à Londres

organisateurs du bal, devant être donné au Grand-Théâtre. »

ce Pour le bal il faut des habits, et les dames anglaises sont aussi coquettes que les Françaises. Donc au moment que je suis descendue de voiture à mon arrivée à Londres, fax été assommée de marchandes de modes et de tailleurs pour me prier de la part des dames de donner mes avis sur leurs habits. Vous pensez bien que ie n'ai pas fait de façons... »

Des voyages, des tournées de la Guimard en Angleterre, il est resté un curieux, un étrange, un macabre témoignage.

La maigreur de la danseuse, elle était attestée par tous les écrivains contemporains1 qui ont parlé d'elle.

Le Vol plus haut nous apprend qu'elle était maigre, longue, ressemblant pas mal à une araignée, et la diatribe en vers inspirée par la Dervieux nous a renseigné sur sa cuisse héronnière et sa jambe en échalas.

1 . Le Vol plus haut ou YEspion des principaux théâtres de la Capitale. A Memphis, chez Sincère, réfugié au Puits de la Vérité, 1784.

Cette maigreur, elle a fourni ses plus jolis méchants mots à cette mauvaise langue de Sophie Arnould qui, devant une figuration de la Guimard entre Vestris et Dauberval la regardant amoureusement, compare le trio à deux chiens qui se disputent un os1, et qui, un autre jour, faisant allusion aux amours de Msr de Jarente, Pévêque d'Orléans, a le drolatique mot sur la grasse feuille des bénéfices et le dessèchement de la danseuse2.

Oui, cette maigreur, c'est le refrain de toutes les attaques contre la femme, et même parfois le refrain des attaques contre ses amants, ainsi que cela s'est fait, à propos de la Cinquantaine de M. de La Borde3.

Avec le temps cette maigreur, hélas, semble augmenter et mériter à la courtisane, cependant toujours aimée, la dénomination du Squelette des Grâces!

Eh ! bien, le témoignage du séjour de la Guimard à Londres nous vient d'une image presque effrayante, où celle qu'on appelle anacréontiquement squelette des Grâces, n'est plus même cela, mais le squelette de la danseuse d'une danse moyennageuse des Morts.

i. Correspondance secrète, t. II.

2. Arnoldiana ou Sophie Arnould et ses contemporaines, par l'auteur de Bievriana. Paris, 1813.

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