Mercure, mars
l'Opéra, dont la loge est un sérail, toujours remplie de vieilles danseuses retraitées et pensionnées par lui1, de danseuses en exercice, de danseuses seules, de danseuses en double, de danseuses figurantes, de danseuses surnuméraires. Ce sultan, c'est le maréchal prince de Soubise.
Une tradition veut que le charmant dessin de Moreau qui a pour titre : la Petite loge du Monument du costume, représente le prince dans ce seigneur le dos tourné à la lumière de la salle, le bras sur l'appui de velours, la lorgnette à la main et auquel est présentée une débutantepar une mère vraie ou fausse2 qui la pousse par la taille vers l'altesse, — la débutante encore toute montée sur ses pointes, encore tout envolée dans sa robe aérienne de Bocquet et faisant un rond de bras pendant que le prince lui prend légèrement le menton et lui ramage quelque galant compliment.
Eh! bien, en l'année 1768 le prince maréchal de Soubise est Fentreteneur officiel, à deux mille écus par mois, de Mlle Guimard, et fait vivre en