‹ La GuimardChapitre 7 sur 74 · Correspondance secrète, vol. VII · texte numérisé non relu

Correspondance secrète, vol. VII

2. A propos des mères d'actrices de l'Opéra, citons ce passage du Gazetier cuirassé : « Il y a une école à l'Académie Royale de musique où les douairières de l'Opéra instruisent les élèves à rougir par règles, à crier sans douleurs et à exprimer le sentiment par cadences ; c'est par ce moyen et la pommade astringente de du Lac que la mère de M1U Grandi (qui se dit sa tante) a vendu tant de fois l'innocence de sa fille après y avoir retouché. »

ce temps la danseuse dans un luxe qui dépasse, pour la richesse des équipages, el des toilettes et des ameublements, le luxe de la Deschamps, un luxe qui jusque-là n'avait pas été égalé. Puis il ne faut pas oublier que M. de La Borde, ramant de cœur, est un fermier général et que, d'une manière plus discrète, il contribue à la dépense de la femme aimée, au moins tout autant que le prince qu'on appelle Xamant honoraire,, tandis qu'on nomme le fermier général Y amant utile*

Or donc, M1Ie Guimard a trois soupers par semaine : un premier souper composé des plus grands seigneurs de la cour et de toutes sortes de gens de considération ; un second souper qui était une réunion d'auteurs, d'artistes, de savants, car déjà autour de l'Opéra, qui commence à jouir d'une célébrité en quelque sorte rivale du salon de Mme Geoffrin, il s'est élevé une cour de gens à talent et de philosophes beaux esprits ; enfin un troisième souper, « une véritable orgie, ditBachaumont, où étaient invi* tées les filles les plus séduisantes, les plus lascives, et où la luxure et la débauche étaient portées à leur comble1 ».

Mais qu'est-ce ces trois soupers auprès des spectacles magnifiques que la Guimard donne à

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