‹ La GuimardChapitre 67 sur 74 · ICONOGRAPHIE · texte numérisé non relu

ICONOGRAPHIE

DE

PEINTURES ALLÉGORIQUES — PORTRAITS A L'HUILE — DESSINS DE COSTUMES — DESSINS SATIRIQUES.

La peinture allégorique de la Guimard, décorant à la fin du xvine siècle l'hôtel de la Ghausséed'Antin et qu'a eu le bonheur de retrouver chez un architecte M. Groult; la peinture représentant la Terpsichore en bergère, son petit pied vainqueur visé par la flèche d'un Amour; la peinture longuement décrite par nous plus haut, est jetée sur une toile mesurant comme hauteur : lm,92; comrtie largeur : lm,20.

J'ai vu, il y a quelques années, chez M. le comte de la Beraudière, un portrait de la Guimard, par Fragonard, un portrait présentant une

certaine similitude avec le buste de Merchi, qui est la seule représentation incontestable de la danseuse.

Dans cette toile Mlle Guimard peinte jusqu'aux genoux, se détache d'un mur de jardin où court au-dessus de sa tête un feuillage grimpant, et elle a devant elle un livre de musique entrouvert où un rosier semble faire un signet avec une de ses branchettes fleuries. Coiffée au haut de ses cheveux poudrés d'un bouquet de plumes blanches où se dresse une aigrette noire, au cou une de ces collerettes-fraises mises à la mode par Carie Vanloo, elle pince, assise, de la guitare, dans ce joli mouvement delà tête un peu abaissée à droite, avec l'élégant retournement en l'air de la main gauche tenant le manche enrubanné de l'instrument.

Ce tableau, qui ne figurait plus à la vente du comte de la Beraudière, aurait été vendu par l'entremise de M. Lacroix, le marchand d'estampes, de douze à quinze mille francs à un amateur qui ne veut pas être nommé.

A la vente de Valferdin, en 1880, passait sous le n° 35 un portrait de la Guimard.

Elle est représentée les mains appuyées sur un rebord de terrasse, le torse élégamment en

retraite vu de trois-quarts, la tête baissée à droite, et ayant l'air de regarder au-dessous d'elle.

Elle a ses cheveux relevés sous la ruche noire d'un toquet surmonté de plumes blanches, et son cou jaillit d'une large fraise tuyautée attachée à une chemisette voilant les seins sur lesquels passe Féchancrure d'une robe de velours décolletée en carré.

Les deux mains ont Fair de chiffonner des lettres parmi lesquelles se voit un médaillon. Ce sont les yeux grandement fendus, le petit nez à la courbure aquiline, la bouche aux coins retroussés, du portrait de la Beraudière et du buste de Merchi.

Cette toile (H. 81, L. 64) à l'exécution rapide des portraits de la galerie Lacaze, était vendue à la vente Valferdin : 9.100 francs.

Sous la petite image en couleur de la Guimard, dans le ballet du Navigateur, gravée par Janinet et donnée par les Costumes et annales des Grands Théâtres : le Dutertre pinxit doit-il faire supposer qu'il existe de cet artiste un petit portrait peint à l'huile ou à la gouache en pied de la danseuse?

Je ne veux pas ici cataloguer la centaine de

costumes de la Guimard, aquarelles ou croquis à la plume, existant dans les recueils de la Bibliothèque de TOpéra, dans le recueil du Cabinet des Estampes, dans le recueil de ma collection de dessins. Je renvoie au chapitre de ce livre,; où j'ai décrit les plus curieux, les plus originaux J L'aquarelle gouachée ou la miniature en forme de médaillon du Concert a trois, différent de la gravure, et où le danseur Dauberval est remplacé par Mgr de Jarente évêque d'Orléans, est possédée par M. le prieur de Blainvilliers.

PORTRAITS GRAVES — COSTUMES GRAVES — GRA- VURES ÉPISODIQUES — GRAVURES SATIRIQUES - CARICATURES.

En ce temps où toutes les célébrités du théâtre» ont des portraits au burin, àl'eau-forte, à l'aqua^ teinte, des portraits en noir, en bistre, en couleur, il se trouve que cette femme qui a rempli le siècle du bruit de ses talents, de ses amours, de son luxe, n'a pas un portrait gravé authentique, - — un portrait avec son nom au bas.

Il faut dire toutefois que, dans le commerce des estampes du xvnie siècle, d'après une tradi-j tion, un portrait gravé par Basan d'après unf

peinture de Roslin, passe pour un portrait de la Guimard.

Elle est représentée, dans ce burin, à mijambes, vue de trois-quarts, une couronne de roses sur ses cheveux crespelés et se torsadant en un repentir derrière la nuque, la poitrine et les bras nus, un sein découvert, l'autre à demi recouvert par le remontage d'une tunique retenue par un ruban passant au-dessus de son épaule pendant que les mains de la danseuse assise jouent avec une guirlande de fleurs.

Ce portrait gravé porte dans la marge :

Roslin Pinxit, Basan excudi.

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