‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 11 sur 80 · LA BRADAMANTE · texte numérisé non relu

LA BRADAMANTE

— Elle était si belle Qu'on la croyait reine.

— Sur l'hippogriffe roux au foudroyant poitrail, Bradamante éblouie erre par la bataille ; Le glaive fume et monte et redescend, et taille Dans l'humain tourbillon, saignant et noir bétail ;

Elle rit, la faucheuse, et la lance d'Argail Reluit, et délaissant l'obscure ribaudaille, Cloue au sol les héros, ainsi sur sa muraille Un rustre les hiboux ; elle rit, soupirail

Des enfers, son œil flambe, elle éclate, elle raille. Meurtrit et rit encor ; sa jeune chair travaille, Et son délirant cri vient balafrer les deux :

Si belle, belle alors, la rauque Bradamante, Que leur âme s'arrache en un sanglot heureux. Et la vierge se courbe et se voit leur amante.

— Amazone mdignée, amsi votre poitrine Se gonfla, le feu de vos vemes fit un bond ;

Vos cheveux s'embrasaient, orageux escadron ; Votre œil brûla de lor, une jeune poitrine

Se brandit, enivrant la prison de lustrine, Un bras virevolta pour venger quel affront : La noirceur d'un baiser sur ce lumineux front. Un seul baiser osé sur cette joue divine !

Et qu'elle est brave ainsi, la Belle aux cheveux d'or, 0 ma Clorinde, ô ma Bradamante, et Médor Rêve à celle qui fut l'Angélique plaintive :

Vous êtes tout cela selon que vous daignez,

— Et Laure, et Béatrice — ou qu'un vent vous captive, Eve aux dix mille noms qui tous nous font saigner !

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