DENYSE. JE VOUS AIME
— Dès que mon œil aperçut votre face.
Ma liberté du tout m'abandonna.
— Denyse je vous aime. Pourquoi, je n'en sais rien ; Vous l'ignorez de même :
C'est ainsi et c'est bien.
Que la force est subtile Qui conjugue deux cœurs :
Un seul fruit de deux fleurs Apparues entre mille !
Nos astres, sous quels cieux ?
Ourdirent nos tendresses :
Des éparses ivresses D'un mol insoucieux,
Nul reflet en son âme.
Quand tout moi brûle encor
Du soir tout trempé d'or Qui vous sacra ma femme.
Mon cœur vous contempla Vitrail à la fenêtre ; A votre msu peut-être, L'obscur de vous trembla :
Soudamement confuse (Avions-nous douze ans ?) Fillette rougissant Sou's l'émoi qui l'abuse,
Votre jupe étirâtes Pour voiler vos genoux, Et je sentis ma joue • Devenir écarlate ;
Nous pressentions peu En notre candeur nice Que c'étaient la prémisse D'un infrangible aveu :
Hélas ô ma fidèle, J'ai compris tard assez Qu'une transe immortelle Nous avait fiancés !