‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 22 sur 80 · ORGUES DANS LE VENT · texte numérisé non relu

ORGUES DANS LE VENT

— Partons d'un vol silencieux

Et suivons de la nuit l'ombre qui se retire.

— Sans parler, sans but, la main dans la main. Deux enfant iront par les grands chemins ;

L'azur dans les yeux ils iront sans voir Les aubes s'ouvrir et blêmir les soirs ;

La main dans la main deux anges lointains Laisseront voguer l'heure et le destin ;

Ou bien s'en viendront vaguer par les grèves, Et l'orgue des flots bercera leurs rêves ;

Ils auront l'amour des formes exquises, Des plaisirs pareils à des friandises ;

Ils sangloteront sans deuil ou désir.

Sans chercher pourquoi, pour le seul plaisir,

Emplissant alors l'insondable nuit

A sentir rouler leurs larmes sans bruit ;

Ou parfois laissant distendre âme et corps Sous les voluptés où souffle la mort.

Et dans tout cela hautainement chastes, Deux enfants perdus des suprêmes castes.

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