GRAND'GARDE
— Pauvre soldat d'où reviens-tu ?
— Ma sœur, le vent pleure à la vitre, Pleure comme un petit enfant.
La pluie le flagelle, 11 sanglote aux vitres,
Les bat d'un million d'élytres :
Ecoute pleurer aux vitres le vent.
Oh qu'il fait froid ! nos chairs meurtries Grelottent ; serrons-nous bien fort L'un contre l'autre, ma chérie !
Oh, les soldats aux mains meurtries.
Ils ont faim, Ils ont froid, dehors !
Le vent, ma sœur, pleure à la porte.
Il tourne autour de la maison Glacée, 11 la secoue, sous chaque porte Ameute ses rauques cohortes Nous envahir en trahison !
Que la nuit est pesante et noire !
Elle s'assied sur notre cœur, Et l'étouffé en ses ouates noires ; Pauvres soldats sans feu ni boire, Perdus dans la nuit, le froid et la douleur,
Endolorissons -nous de leur douleur, ma sœur !