A FOND DE CALE
— Une rose dans les ténèbres.
— Nocturne puits, morne citerne, Ternes étoiles, lac sans fond.
Lugubre ponton la caserne.
Quand je rentre de faction ;
L'ombre a peur, les murailles noires S'allongent éternellement Et fuient se perdre sous les moires Où dissout l'obscur firmament ;
L'entrepont où meurt la veilleuse S'habite d'effrayants dormeurs Et jonche de têtes cireuses Les suaires lourds de fadeurs,
Qui dégorgent des râles d'orgues Par leurs orifices béants, Girnaval blafard d'une morgue Aux morts en travail remuglant,
Un vaisseau-fantôme sans vciles !
— Mais l'emmuré, du fond du puits Voyant descendre une autre étoile, Ressuscite, et ton ombre luit,
Astre dans l'insondable nuit !