‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 49 sur 80 · LES MAINS · texte numérisé non relu

LES MAINS

— Ces chères mains qui seront miennes.

— Je chéris ma main gauche et l'honore : elle veut rester la superbe oisive, vierge des servitudes de la vie ;

Elle ignore les étreintes et les serments, et toutes nos pantomimes ; nulle besogne ne la martyrisa ;

Elle ne mène point la plume, ne pousse la charrue, elle ne lève même la magnanime épée :

Elle ne se souille ni d'encre ni de boue m d'or, et n'a pas besoin de sang pour s'ennoblir.

— L'autre pourtant, l'autre se verra lavée de ses misères puisque sur elle accepta de se poser, oiseau léger et tiède, le bras de ma bien-aimée ; qu'une main menue s'y laissait emprisonner ainsi que dans un nid ;

Que la souplesse d'une chair s'y modela, telles fois qu'à moi fut donné de retenir en sa fuite une taille ondoyante ;

Mais ! le soir oii je l'attirerai, Elle toute, sur mon siège amoureux et que, servante heureuse, la diligente mam droite

enfermera tout ce corps contre ma poitrme, immergera au creux de mon aisselle une petite tête chérie,

Ne sera-ce pas, ô noble main gauche, à toi la gloire de , disperser les voiles, ^

Les voiles gardiens de ses mystères généreux ?

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