‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 53 sur 80 · CLORINDE · texte numérisé non relu

CLORINDE

— Trois petits pâtés, ma chemise hrûle. Trois grands seaux d'eau pour l'éteindre !

— Clorinde, ton armure baille Et décache un lac blond et rose :

Par surprise, ruse ou bataille Il faut là que l'oiseau se pose Dont les deux ailes sont deux roses !

Hélas oserai-je ? Et je n'ose :

L'amant veut, le mari dispose, 0 l'avare, il attend son heure.

Allez, Denyse mon oiselle, Le respect pour la demoiselle Que nonobstant il ne vous leurre :

Sur la dame si ne s'oppose.

On s'en vengera tout à l'heure...

La dame s'opposera-t-elle ?

0 lac rose qu'une aile effleure.

Voici l'heure, voici l'heure...

Oh, cette heure, oh quand viendra-t-elle ?

GIROFLEE A CINQ FEUILLES

— Peut-on être auprès du rosier Sans en pouvoir cueillir la rose !

— Comme ça pousse, les enfants !

En ce temps-là — parlant d'un tout lomtam passé Denyse était rien plus qu'un profil effacé, Une petite utilité sans conséquence Oubliée en son coin : si menue, en son deuil Muet sous d'éternels péplums sans élégance ; Mais, farouche, un rayon bleu jailli du grand œil Vous surveillait avec obsédante insistance.

Comme ça pousse les enfants 1 L'heure tourna : ma Nysette, chemin faisant, Tant se transfigura et si bien, qu'à présent C'est Mademoiselle Denyse, aussi menue Qu'alors, et pourtant grand personnage 1 avatar. Avatar ! glorieuse et gaie, et devenue Si coquette, et pour moi ! qu'il me faudra peu tard Lui inculquer le culte de la beauté nue :

Comme ça pousse, les enfants !

Car il vient le grand jour, Denyse mon Nysot, Où l'on vous plumera comme un petit noiseau 1 Sourd aux appels navrants d'une pudeur qui pâme, Impitoyable comme un dieu, je vengerai Les griefs de ce pauvre amour que l'on affame Depuis quatre ans et plus, quand je vous changerai Autre avatar ! — en femme, et montrerai, Madame, Comme ça pousse, les enfants !

— C'est le vent qui vole, frivole.

C'est le vent qui va frivolant.

LE CONCILE FEERIQUE

— Cascadrum et Yapiyopu.

— Au clair de la lune, Mon ami Pierrot, Je boirais bien une Pinte de faro ; Plutôt m'est amène Un broc de vm vieux De Lorraine : amène.

Pour l'amour des dieux !...

(Aïtchoum !) C'est le nez à Maman Berthe, Frais fourbi du rémouleur.

Qui veut éborgner la lune Qui s'en gondole de peur :

— Une tête de mort, une :

Qu'engloutit avec stupeur Le ciel, noire écumoire, empli de sauce verte

(Aïtchoum !) Pourquoi laisser, aussi, cette fenêtre ouverte ?

Au clair de la lune, Doux ami Pierrot, Me poussent des plumes Du côté du dos ; J'attendais des ailes.

Des plumes, c'est mieux :

Ouvrez à mes zèles Pour l'amour de Dieu !

(Ait chou m !) Décidément il faut fermer cette fenêtre !

Jacquot danse, danse, danse Sur la cime de ses reins ; Denyse fait pénitence Dans son rabi-rabicoin ; Fagus chante au bec de France :

« Lan-coin-coin-coin. »

Jacquot danse, danse, danse Le grand pas du mandarin...

(Aïtchoum !)

Au clair de la lune.

Cher ami Pierrot, Je pressens des rhumes Battre mon cerveau :

Fermez la fenêtre.

Sustentez le feu :

Qu'on voie un feu naître, Pour l'amour de Dieu !

Denyse, je nous veux un avenir de roses,

D'ambre et d acajou :

Viens ! je te vêtirai de fleurs, de vers, de proses,

Et autres bijoux ; Nous achèterons de bien belles choses En nous promenant le long des bazars : Les bas-bleus sont bleus, toi, tes joues sont roses. Des ors nous viendront, par quels donc hasards ? Nous achèterons des diamants à treize

Et jusque cent sous ; Au printemps premier nous querrons la fraise

Et quand viendra l'août, Où n'est l'univers plus rien que fournaise, Sur la Tour Eiffel nous louerons des chaises ; En l'hiver boirons le kummel eckau,

La chartreuse verte. Le vin des amants, probablement l'eau...

(Aï te hou m !) Cette fenêtre, ô dieux, s'est donc encore ouverte ?

Au clair de la lune.

Pauvre ami Pierrot, Cette lampe fume :

Viens faire dodo;

Pompe, pompe, pompe Ton génie boueux :

Frère psycho pompe.

Viens coucher, mon vieux !

Page 1