SISTRE
— J ai tendu des chaînes d'or D étoile à étoile, et je danse.
— Hélios grimpe un rayon d'or Dérobé dans ta chevelure, Et tendu comme un pont sonore Au travers de l'immense azur :
Et, joyeux, glisse tout le long.
Et plonge au fond de ma prunelle, La chatouille sous la prison D'une paupière qui sommeille :
Et je m'éveille ! et fais bondir.
D'un baiser pervers, mon exquise Paresseuse, et lui vais rugir, Dans l'oreille : Bonjour, Denyse 1
ËCOLE BUISSONNIERE
■ — C est à ce joli mois de May, Qui toute chose renouvelle.
— Tu tordras ta crinière à l'entour de ta nuque,
0 ma cavalière à rubans ; Fièrement t'encasqueras-tu avec ta toque,
Fausse loutre ou faux astrakan.
Et puis Dieu lâchera par les champs et les routes
Ses deux beaux enfants !
Les herbes courent parJ^ plame
Sous l'haleine allègre des vents : f
Voici l'instant, petite reine,
Petite reine, viens-nous en !
Et moi j'enlèverai, tel un dieu, par la taille.
Le cher cœur, le corps adoré, La fleur énamourée qui tressaille et bataille • Sous des mitrailles de baisers !
Viens, nous nous roulerons, fumants, sur l'herbe vierge.
Je te ferai brouter des paquets de bluets ;
Le soir nous nous irons barbouiller à l'auberge
Avec du beurre et du lait frais, Et puis nous rentrerons, chez nous : chez nous ! ma chère,
Adorablement harassés :
Les herbes courent par la plaine Sous l'allègre haleine des vents :
Voici l'instant, petite reine.
Petite reine, viens-nous en !