‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 61 sur 80 · SISTRE · texte numérisé non relu

SISTRE

— J ai tendu des chaînes d'or D étoile à étoile, et je danse.

— Hélios grimpe un rayon d'or Dérobé dans ta chevelure, Et tendu comme un pont sonore Au travers de l'immense azur :

Et, joyeux, glisse tout le long.

Et plonge au fond de ma prunelle, La chatouille sous la prison D'une paupière qui sommeille :

Et je m'éveille ! et fais bondir.

D'un baiser pervers, mon exquise Paresseuse, et lui vais rugir, Dans l'oreille : Bonjour, Denyse 1

ËCOLE BUISSONNIERE

■ — C est à ce joli mois de May, Qui toute chose renouvelle.

— Tu tordras ta crinière à l'entour de ta nuque,

0 ma cavalière à rubans ; Fièrement t'encasqueras-tu avec ta toque,

Fausse loutre ou faux astrakan.

Et puis Dieu lâchera par les champs et les routes

Ses deux beaux enfants !

Les herbes courent parJ^ plame

Sous l'haleine allègre des vents : f

Voici l'instant, petite reine,

Petite reine, viens-nous en !

Et moi j'enlèverai, tel un dieu, par la taille.

Le cher cœur, le corps adoré, La fleur énamourée qui tressaille et bataille • Sous des mitrailles de baisers !

Viens, nous nous roulerons, fumants, sur l'herbe vierge.

Je te ferai brouter des paquets de bluets ;

Le soir nous nous irons barbouiller à l'auberge

Avec du beurre et du lait frais, Et puis nous rentrerons, chez nous : chez nous ! ma chère,

Adorablement harassés :

Les herbes courent par la plaine Sous l'allègre haleine des vents :

Voici l'instant, petite reine.

Petite reine, viens-nous en !

Page 1