UN CORBEAU
. Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau .
— Quand je rentre, écrasé sous le labeur honni,
SI je ne trouve pas mon oiselle en mon nid,
Aussitôt je rêve malheurs : d'affreux présages
De leurs ailes velues me glacent le visage.
Je vois le mauvais sort dans un coin accroupi,
Qui de son œil vitreux muettement m'épie,
Je vois sur toi sa grifïe s'allonger, heureuse
De nous faire payer nos joies vertigmeuses.
Je VOIS fauché déjà notre avenir béni,
Et m'affaisse en disant : Fini, tout est fini !
Et soudain, maternel et nuptial reproche.
Tinte jusqu'en mon cœur le chant de ton approche
Ce cœur bondit comme d'un sépulcre, en chantant,
Vers tes deux bras ouverts et ton cœur qui se tend.