‹ La guirlande à l'épousée, poèmeChapitre 8 sur 80 · SÉRÉNADE · texte numérisé non relu

SÉRÉNADE

— La nuit, le jour.

Mon cœur soupire.

— Je soufïre, je meurs de ne plus vous voir.

Je soufïre, j'expire :

Je soufïre, je meurs de ne plus pouvoir

Vous voir, vous écrire ; Que j'ai de choses, tant et tant.

Ah que, oui, de choses.

Et de nouveaux secrets, pourtant,

A vous dire et n'ose !

Me lier à qui, toujours seul et seul :

Me fier à qui ?

Isolé toujours, et, trouble linceul.

Les foules malsaines !

J'eus voulu ma vie un glaive hautain,

Eus voulu ma vie...

Il espère et veille, attend son destin.

Perclus en sa gaîne ;

Le tirer, pourquoi ? en ternir à l'air.

Et pour quelle envie, Infliger la honte au sublime éclair

D'un clair-obscur veule ?

Tout rompre plutôt, le fer et l'étui,

Tout rompre, tout rompre.

Que de consentir que ses feux aient lui,

Hormis pour vous seule !

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