AUBADE
— Mon cœur soupire, La nuit, le jour.
— Lourd le cœur de haine On jura, vilaine,
On jura vilaine
De ne plus vous voir...
De ne plus vous voir Toute une semaine :
Et voyez où mènent Nos vœux et vouloirs !
0 tout premier soir.
Qu'il fut héroïque Et se rengorgeait.
Ce tout premier soir !
Mais les hauts projets
— Bernique, bernique —
Partaient en panique Dès le soir d'après ;
Et que davantage Au matin nouveau :
Tout ce beau courage Filait à vau-1 eau,
Et ce pauvre cœur, Fol de maie rage.
Et ce pauvre cœur Martelait les heures :
Au troisième jour.
Fier de sa faiblesse.
Au troisième jour On vous réaccourt ;
D'un rien de tendresse Payez ce retour :
D'un rien de tendresse Tout ce bel amour !
QUADRUPEDANTES
— Cette main si jolie Fait palpiter mon cœur.
— On vous souffle zit et zut, feu de paille d'invectives, Vous ne le re verrez plus, ce sachet à moi trop cher ; Lourd et veimeil comme un cœur, amoureux comme une Que revendique votre ire, acerbe et impérative ! Ichair,
Des voix en sourdent, j'écoute : et de vous les sœurs cap- Où j'entends, où je vois fondre et s'évanouir dans l'air [tives Sur les ondes du parfum, qui m'enlève, où je me perds. En rondes de visions, des Denyses fugitives :
Insaisissable caresse, auréole de baisers. Radieuse nébuleuse, où chacun de vos pensers. Vers son rivage m'appelle, allègre ou mélancolique :
C'est vous toute que j'écoute et vous seule que je vois. Quand m'insuffle ses chaleurs l'extravagante relique Que j'entends malgré vos pleurs, éterniser, fleur, en moi.