NOTICE. XV
dages, remplis des bruits du jour, des scandales à la mode, des ouvrages nouveaux, parmi lesquels le tendre amant savait si bien retrouver tous les coq-à-l'âne de la conversation de Vhôiel, qu'il parvenait à assister de loin aux agréables devis de la ruelle d'Arthenice.
Néanmoins, l'impatient jeune homme désirait vivement assurer les liens sacrés qui l'unirent par la suite à Julie d'Angennes. Cette dernière hésitait à contracter ce mariage : elle comprenait peu qu'on se donnât de sang-froid un maître, et répétait souvent qu'elle renoncerait le plus tard possible à sa chère liberté, qu'elle ne devait abandonner, en effet, dans les mains du marquis de Montausier, que quatorze ans plus tard.
Les choses en étaient là vers 1641, lorsque Montausier, dans ses loisirs justement acquis, réunit et fit écrire par Jarry les madrigaux de sa fameuse Guirlande, qu'il avait conçue et préparée bien avant que d'en couronner sa charmante fiancée.
Quoiqu'il existât déjà plusieurs recueils de poésies italiennes sous le nom de Guirlande '■ , le galant baron sut donner à sa fantaisie un cachet de nouveauté et
I. Voyez 1° La Ghirlanda délia Contessa Angela Bianca Beccaria, contesta di Madrigal! de divers! autôri dichiarati da Stefano Guazzo. Genova, pel Bartoli, 1595, in-4°;
— 2° Ghirlanda di frondi, fiori e frutti, ed altre rime del signor Alcide infiammati per l'illustrissima Signera Zenobia