XVI NOTICE
d'originalité, qui surpassa les dons les plus merveilleux que l'amour ait pu faire éclore dans l'imagination des amants.
Ce manuscrit... Mais laissons, pour un instant, la parole à M. de Gaignères, l'auteur principal d'une Notice que la tradition a consacrée '. Charles Nodier, dans l'édition qu'il a donnée de la Guirlande, prétend qu'il y aurait quelque pédantisme à la remplacer par une autre ; nous nous rangeons à l'avis de ce maître^ et bien que la Notice en question soit assez confusément rédigée , nous nous contenterons de l'annoter et d'y ajouter les éclaircissements que nous croyons nécessaires.
Reina Beccaria Parona , gentildonna di Pavia . In Pavia, per gli credi di Girolarao Bartoli. iSgô, ui-12.
CQuadrio, Storia e ragione d'ogni poesia, en 47 vol., t. I*^'", p. ^263.)
Il existe également des livres de poésie française sous !e titre de Couronne de fleurs, etc. Voy. au Catalogue imprimé des belles lettres de la Bibliothèque du Roy, p. 5ii, col. i, lettre Y, n° 4898.
I. Cette Notice est insérée dans le Catalogue des livres rares et précieux de feu M. le duc de La Vallière, rédigé par Guillaume de Bure fils aine (première partie, t. III, p. 5 7 du supplément de ce Catalogue, à Paris, chez Guillaume de Bure, 1783). Toutes les éditions de la Guirlande de Julie sont précédées de cette Notice.
NOTICE. XVll
Nous reproduisons donc ici cette Notice sans en changer l'orthographe et dans toute son intégrité ' :
LE dessein de cet ouvrage est un des plus ingénieux et des plus galants qu'on pût imaginer en ce genre. M. Huet l'a appelé le chef-d'œuvre de la galanterie et a vanté la magnificence de son exécution-. On peut dire qu'elle n'a été en rien inférieure au projet.
Il a pour auteur feu M. le duc de Montausier 5 qui l'envoya, le jour de la fête de Julie-Lucine-^ d'Angennes
1 . Nous avons groupé autour de cette Notice , sous la forme succincte d'annotations, toutes nos études sur la Guirlande et l'histoire de ses manuscrits; nous croyons apporter une certaine lumière sur plusieurs points assez obscurs jusqu'ici, et rendre par là même cette nouvelle édition aussi achevée que possible et plus complète qu'aucune autre.
2. Huetiana (édition de Paris, in-i2, 1722, p. io3 , « Jamais, dit l'évéque d'Avranches, l'amour n'a inventé de galanteterie plus ingénieuse , plus polie et plus nouvelle que la Guirlande de Julie, dont le duc de Montausier régala Julie d'Angennes, un premier jour de l'an, lorsqu'il la recherchoit en mariage. » Dans cet article, l'honorable M. Huet fixe le don de la Guirlande à l'année i63 3 ou 1634. Il y a certainement erreur, car le manuscrit porte la date de 1641.
3. Charles de Sainte-Maure, alors baron de Salles, est né le 6 octobre 1610. C'était le second fils de Léon de Sainte-Maure, baron de Montausier, et de Marguerite de Chateaubriant, tous deux issus des plus illustres maisons de la Bretagne et de la Touraine. Marquis en 1644, puis duc et pair en 1664, il reçut en l'année 1668 la charge de gouverneur du Dauphin. Molière, dans son Misanthrope, a taillé son portrait en plein marbre, sous les traits d'Alceste, dont il fut, parait-il, l'original.
4. Elle s'appelait Julie, du nom de sa grand'mère, Julia Savelli; celui de Lucine lui fut donné par une tradition très-an-