‹ La guirlande de JulieChapitre 42 sur 90 · NOTICE. XLI · texte numérisé non relu

NOTICE. XLI

fleurs qu'on attribua faussement à Conrart '. Habitué de l'hôtel de Rambouillet, oia de sa voix lente et monotone il donnait la première lecture de ses tragédies^, et digne admirateur des vertus de Julie, l'auteur du C/<f ne pouvait rester inactif dans ce tournoi galant: M abaissa donc mignardement son vers ample et sonore au ton madrigalesque , son style fier et élevé devint doucereux et fleuri, bref le grand tragique daigna changer sa manière et laissa gracieusement coqueter sa plume pour le chef-d'œuvre de Montausier.

Guillaume Colletet 3, au contraire, poëte bon vivant et madrigalier par tempérament, semble mal à l'aise et un peu guindé dans les quatre pièces qu'il écrivit pour la Guirlande. Sa muse, comme celle de Villon, s'abandonnait au débraillé , aux chansons à boire et aux sonnets grivois, et Vépoux de Claudine, qui pre-

1. Y oyez l'Histoire de Pierre Corneille, par J. Taschereau , ainsi que les notes que nous donnons à la fin de notre édition sur les madrigaux signés C.

2. La Bruyère, Caractères, ch. XII; Vigneul de Marville , Mélanges d'histoire et de littérature, t. I, p. 167.

3. Guillaume Colletet, académicien en 1684 et mort en 1659, paraît être un poëte du XVP siècle égaré dans le XVIF. Sa fécondité fut énorme et son talent trop peu goûté. Cet épicurien passa sa vie entre Apollon et Bacchus, sans s'embarrasser du lendemain; aussi, mourut-il pauvre, et Chapelain, dans ses Lettres, dit qu'il fallut quêter pour l'enterrer. — Voyez : Histoire del'Académie française; Moreri, Dictionnaire, et les Grotesques, de Th. Gautier, quia peint avec son coloris habituel ce bohème d'un autre âge.

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