‹ La guirlande de JulieChapitre 68 sur 90 · L'IMMORTELLE BLANCHE · texte numérisé non relu

L'IMMORTELLE BLANCHE

Madrigal.

DONNEz-MOY VOS couleurs, Tulipes, Anémones; Œillets, Roses, Iasmins,donnez-moy vos odeurs : Des contraires saisons le froid, ni les ardeurs, Ne respectent que les Couronnes Que l'on compose de mes Fleurs; Ne vous vantez donc point d'estre ajmables ni belles; On ne peut nommer beau ce qu'efface le Temps, Pour couronner les beautez éternelles, Et pour rendre leurs jeux contens, Il ne faut point estre mortelles.

Si vous voulez affranchir du trépas Vos brillans, mais frêles appas.

Souffrez que l'en sois embellie ; Et si ie leur fais part de mon éternité, le les rendray pareils aux appas de Ivlie, Et dignes de parer sa diuine beauté.

De M. C. Corneille).

LE MELEAGREÎ4.

Madrigal.

E vay finir pour Ivlie :

O que Mon destin est beau ! La glorieuse folie !

Dieux! le superbe tombeau!

le suis Fleur, et fus jadis Homme; Mon sort vne autre fois se trouue au même point. Car un feu secret me consomme.

Qui me brusle et ne paroist point.

De M. DE SCUDERY.

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